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28.3.06

Interview de Christian Harbulot : guerre économique, intelligence économique en France

VTech

Je remercie Mr Christian Harbulot, pour avoir accepté de conduire cette interview via mail, et je vous laisse avec la suite. Bonne lecture !

Vous êtes le pionnier français de l'approche "guerrière" de l'intelligence économique, pouvez vous nous expliquer le vocabulaire employé en France : intelligence économique, guerre économique, espionnage économique et dernièrement patriotisme économique

Pour une approche exhaustive de ces définitions, il est bon de consulter le référentiel sur l’Intelligence économique qui a été réalisé sous l’égide d’Alain Juillet. Nous attendons toujours qu’il soit officialisé selon les critères administratifs appliqués par le Secrétariat Général de la Défense Nationale. N’oublions pas que le mandat donné par l’ancien Premier Ministre Raffarin à Alain Juillet portait en priorité sur la formation. Espérons que l’actuel Premier Ministre Dominique de Villepin soit assez énergique auprès de sa haute administration pour se faire obéir sur ce point crucial.

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27.3.06

Etude EGE : Les retraites françaises en danger

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L’unité occidentale, née après la seconde guerre mondiale, s’est constituée autour de valeurs communes telles que la notion d’Etat-Providence dont l’un des principaux piliers est l’assurance-vieillesse. L’une des réformes les plus emblématiques du Gouvernement de Libération fut ainsi la mise en place du régime général de retraite, par l’ordonnance de 1945.

Etude EGE : L'investissement socialement responsable

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Comment l’entreprise doit-elle aborder l’investissement socialement responsable (ISR), sur le mode du marketing pur ou plus en profondeur ? Doit-elle subir l’ISR, ou le considérer à la fois comme outil et vecteur de développement ? Pour y répondre, elle va devoir se pencher sur sa définition, sur ses implications, sur les failles de son système, sur ses risques et donc sur ses enjeux.

Le Paraguay, nouvelle tête de pont des Etats-Unis en Amérique du sud

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La récente implantation militaire des Etats-Unis au Paraguay n’a pas suscité un grand intérêt de la part des médias locaux et internationaux. Pourtant, cet engagement militaire dans cette zone revêt une dimension hautement stratégique. Pour l'heure, les Etats-Unis et le Paraguay ont signé un accord militaire permettant l'entrée de 400 marines sur une période s'étalant de juin 2005 à janvier 2007. Mais, une fois établies, il est rare de voir les forces américaines quitter leurs positions à l'étranger. La capacité d'accueil de la base aérienne de Mariscal Estigarribia pourrait rapidement passer à 10.000 hommes. Le choix de ces installations n’est pas anodin car la position géographique de la base présente plusieurs avantages.
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Mouvements stratégiques dans le secteur du nickel

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Après l’échéance du 31 Décembre dernier sur les prises de positions des grands acteurs du nickel calédonien sur le projet d’usine du nord en Calédonie, le paysage minier ressent plus que jamais les mouvements stratégiques que lui imposent ses principales industries, présentes ou non sur le Territoire. Ainsi, les antagonismes entre le canadien Falconbridge et le français SLN (filiale d’Eramet) ne cessent d’être alimentés par les atouts régulièrement sortis des mains de l’une ou l’autre des organisations. En outre, le contexte n’est pas simplifié par l’OPA lancée par le groupe Inco (déjà présent dans le sud de la Calédonie via sa filiale Goro Nickel) sur son compatriote Falconbridge. Ce dernier est le bénéficiaire, via la SMSP (société minière dans le nord de la Grande Terre) des titres de propriété du massif du Koniambo, futur site d’exploitation de l’usine du nord.
La grille de lecture de l’environnement présente ainsi des nœuds de complexité de plus en plus nombreux.
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5.3.06

Sécurité Informatique, Nouvelles technologies, Enjeux de Puissance

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"La sécurité de l’information constitue un enjeu majeur au vu du contexte de guerre économique afin de protéger la connaissance.
Face à ces conflits géoéconomiques, des mesures et moyens techniques répondent à leur besoin de perdurer et de vaincre sur le marché de la concurrence.
Cette haute sécurité informatique et technologique devient alors indispensable dans le cadre de la protection de la connaissance d’une grande puissance. "

Les enjeux de l’OPA de Mittal Steel sur Arcelor

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"Il y a un mois, son nom n’était connu que de quelques initiés du monde de l’acier. Aujourd’hui, après l’annonce d’une OPA, Lakshmi Mittal est devenu l’homme dont tout le monde parle. Il réussit à faire frémir le conseil d’administration d’Arcelor, les gouvernements français, espagnols et luxembourgeois et les institutions juridiques américaines. Arcelor, fleuron industriel européen, se voit aujourd’hui attaquer sur ses produits phares : les aciers à forte valeur ajoutée, matière première utilisée dans l’automobile, la construction, l’électroménager, l’emballage et l’industrie. Les intérêts stratégiques de la France sont ici menacés. "

Les incohérences des ONG en matière d’énergie

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"La signature du protocole de Kyoto est peut-être la plus grande victoire des ONG préoccupées par la défense de l’environnement. Il s’agit de l’engagement des Etats à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre. Mais cet engagement pourrait par manque d’anticipation et de réalisme avoir des conséquences inattendues.
En effet le principal gaz à effet de serre est le dioxyde de carbone, il est produit lors de la combustion de carbone fossile (pétrole, charbon, gaz), phénomène intéressant, la courbe des rejets de CO2 suit très exactement la courbe de croissance des économies, le CO2 est un sous-produit de la production d’énergie, donc de l’activité humaine. "

27.2.06

Le partenariat public-privé, facteur clé de succès de la stratégie de puissance

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« Tout ce qui est bon pour la General Motors est bon pour les Etats-Unis et tout ce qui est bon pour les Etats-Unis est bon pour la General Motors. »
(A quand une réalité française ? Ndlr)

En vue de l’affirmation de la puissance française, il est aujourd’hui devenu impératif de préciser et mettre en pratique une véritable stratégie d’ensemble, une unité d’action et de dialogue, une politique d’influence pour la France. Celle-ci doit coordonner, de manière volontariste, l’ensemble des acteurs économiques : Etat et entreprises. Un des enjeux majeurs est donc la réussite des partenariats entre les entités publique et privée. En quoi le partenariat public-privé peut-il être l’un des facteurs clé de succès de la stratégie de puissance française ? Nous tenterons de répondre à cette problématique en avançant des arguments susceptibles de soutenir et justifier cette thèse : premièrement, la dynamique de la mondialisation, entre interdépendance et affrontements ; deuxièmement, les points de convergence entre les sphères publique et privée ; enfin, une culture de la coopération à développer, par le biais d’exemples de réussite de partenariats public-privé.

Les stratégies de puissance du Royaume-Uni au sein des institutions européennes

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L’échec de la candidature de Paris face à Londres pour les Jeux Olympiques de 2012 a mis en évidence une nouvelle fois l’efficacité des stratégies d’influence déployées par le Royaume-Uni; et ce particulièrement en vue de la « supériorité incontestable » au plan technique de la candidature parisienne. L’objet de cet article est de mettre en exergue la permanence des stratégies de puissance du Royaume-Uni sur la scène européenne ainsi que les moyens utilisés à cette fin. En effet, le Royaume-Uni qui sur l’échiquier géostratégique se place à la fois (du fait de son histoire et de sa culture) du coté des Etats-Unis mais aussi et de façon croissante sur la scène européenne a mis en place une stratégie étatique cohérente et concertée afin de défendre au mieux ses intérêts à Bruxelles.

L’Europe sans politique énergétique ?

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Après la déclaration du Président Bush, qui annonçait dernièrement que les Etats-Unis s’employaient à ne plus dépendre du pétrole du Moyen Orient à moyen terme, la Suède vient de présenter son programme de sortie du pétrole à l’objectif 2020. Elle veut être le premier pays à ne plus dépendre des hydrocarbures (cf. The Guardian, 8 février 2006). Ceci, autant pour des raisons écologiques qu’économiques. C’est le refus de rester sous la menace permanente d’une flambée des cours, après avoir encaissé depuis 1996, comme le reste du monde, une augmentation exponentielle des prix du brut. D’autres pays s’engagent sur cette même voie : l’Islande, avec la conversion de sa flotte automobile et maritime à l’hydrogène, le Brésil, avec le développement de l’éthanol.

Les incohérences des ONG en matière d’énergie

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La signature du protocole de Kyoto est peut-être la plus grande victoire des ONG préoccupées par la défense de l’environnement. Il s’agit de l’engagement des Etats à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre. Mais cet engagement pourrait par manque d’anticipation et de réalisme avoir des conséquences inattendues.
En effet le principal gaz à effet de serre est le dioxyde de carbone, il est produit lors de la combustion de carbone fossile (pétrole, charbon, gaz), phénomène intéressant, la courbe des rejets de CO2 suit très exactement la courbe de croissance des économies, le CO2 est un sous-produit de la production d’énergie, donc de l’activité humaine.

Stratégies d’Intelligence Economique Les Enjeux pour Rhône-Alpes

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Les étudiants du Master 2 professionnel de Science politique, spécialité Intelligence économique et stratégique, de l’Université Jean Moulin Lyon 3 organisent le 30 mars 2006 à La Cité des entreprises (Lyon, 8e arr.) un colloque intitulé « Stratégies d’Intelligence Economique Les Enjeux pour Rhône-Alpes » dont Infoguerre.com est partenaire.

17.2.06

Le partenariat public-privé, facteur clé de succès de la stratégie de puissance

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« Tout ce qui est bon pour la General Motors est bon pour les
Etats-Unis et tout ce qui est bon pour les Etats-Unis est bon pour la
General Motors.
»
(A quand une réalité française ? Ndlr)

En
vue de l’affirmation de la puissance française, il est aujourd’hui
devenu impératif de préciser et mettre en pratique une véritable
stratégie d’ensemble, une unité d’action et de dialogue, une politique
d’influence pour la France. Celle-ci doit coordonner, de manière
volontariste, l’ensemble des acteurs économiques : Etat et entreprises.
Un des enjeux majeurs est donc la réussite des partenariats entre les
entités publique et privée. En quoi le partenariat public-privé peut-il
être l’un des facteurs clé de succès de la stratégie de puissance
française ? Nous tenterons de répondre à cette problématique en
avançant des arguments susceptibles de soutenir et justifier cette
thèse : premièrement, la dynamique de la mondialisation, entre
interdépendance et affrontements ; deuxièmement, les points de
convergence entre les sphères publique et privée ; enfin, une culture
de la coopération à développer, par le biais d’exemples de réussite de
partenariats public-privé.

13.2.06

Telesur : la contre-attaque latino américaine face à l’hégémonie médiatique étasunienne

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« ¡ALCA, ALCA, ALCArajo ! (1)» C’est en novembre dernier, depuis Mar de Plata où se tient le sommet des Amériques, que le président Vénézuelien Hugo Chávez fustige à renfort de discours populiste « le criminel Bush et son projet de zone de libre échange des Amériques (ALCA) ». Il ne manque pas d’ajouter à la fin de son intervention « nous sommes en direct sur Telesur, notre chaîne à tous, et c’est dans tout le continent que résonne notre message » (2).

Telesur est une nouvelle venue dans le paysage audiovisuel mondial. Lancée le 24 mai 2005 à partir de Caracas, cette chaîne satellitaire diffusée sur l’ensemble du continent sud-américain s’affiche comme une alternative aux autres bouquets numériques déjà disponibles en Amérique latine. La chaîne avec son slogan « notre nord, c’est le sud », se veut être la caisse de résonance de l’identité latino, en opposition à ses concurrents financés par des capitaux nord-américains.

C’est en examinant la question de la propriété des chaînes que l’on prend conscience de l’hégémonie des multinationales nord-américaines sur les médias télévisés latinos américains. Ainsi, CNN en Español appartient à Time/Warner, ABC Latina à Disney/Capcities, NBC à General Electric et enfin CBS à Westinghouse. Le Cisneros Group, propriétaire de Galaxy Latin America qui diffuse la chaîne Direct TV est le seul latino américain sur ce marché, mais il est tout de même associé à l’américain GM Hughes Electronic Corp (3).

Suite à ce constat, de nombreux journalistes ont envisagé de créer une chaîne « 100% » latino, disponible dans tous les pays hispanophone d’Amérique et des Caraïbes. Le chef de file de ce qui n’est encore qu’un projet s’appelle Aram Aharonian. C’est un journaliste uruguayen de renom à la tête du mensuel « Question » et de l’agence de presse uruguayenne Alia2. Il est aussi le rédacteur en chef de la version hispanophone du site « réseau Voltaire ».

Il existe chez les initiateurs du projet une volonté avérée d’aller contre l’information et la pensée uniques. L’autre grand objectif étant de forger chez les latino-américains une identité commune à travers la diffusion de documentaires et de reportages qui traitent de thématiques culturelles propres au continent.
Aharonian ainsi que le reporter colombien Jorge Botero, autre fondateur, définissent Telesur comme « le premier projet contre hégémonique de communication que connaît l’Amérique du Sud en matière de télévision » (4).

Mais un projet d’une telle envergure nécessite à la fois un soutient politique conséquent ainsi qu’un financement à la hauteur des ambitions affichées.
Le Président Hugo Chávez se montre sensible à l’idée et a fait du lancement de Telesur une priorité pour l’année 2005. Dans son sillage, les dirigeants argentin, brésilien et uruguayen adhèrent au projet, tout comme Fidel Castro qui propose lui, d’apporter une partie du capital. Ainsi, le financement de Telesur provient à 51 % du Venezuela, à 20 % de l'Argentine, à 19 % de Cuba et à 10 % de l'Uruguay (5).
Malgré un budget s'élevant à peine à 10 millions de dollars pour la première année, Telesur nourrit de grandes ambitions, puisque sont visés 50 à 60 millions de téléspectateurs de toutes les Amériques, du Québec à la Terre de Feu. La seconde phase de développement aura pour objectif d’élargir la diffusion au réseau hertzien, au câble et à l'Internet (6).

Telesur représente un exemple fort d’une tentative commune aux Etats sud-américains consistant à contrecarrer l’influence américaine sur le continent. Ce n’est pas le seul. En effet, le projet MERCOSUR auquel le Venezuela est sur le point d’adhérer (7), et qui pourrait bientôt devenir plus qu’une simple zone de libre échange, répond également à cette logique. Forger une identité commune permettrait de fédérer ces peuples autour d’un projet politique amenant l’Amérique latine à jouer un rôle sur la scène internationale et de sortir à terme, de sa soumission à la « Pax Americana » décrite par Brzezinski (8) (l’ALCA représentant la première étape d’une vassalisation totale de cet ensemble continental par les Etats-Unis).
Ce projet est donc mal accueilli par Washington, pour qui Telesur constitue avant tout un outil de propagande au service de l’idéal Bolivarien soutenu par Chavez. Les Etats-Unis voient en cette chaîne un nouvel élément perturbateur du type « Al-Jazira ». Aux vues des intentions affichées par George W. Bush quant à cette dernière (9), on peut supposer que Telesur suscite déjà une grande hostilité au sein de l’administration de la Maison Blanche.
La chambre des représentants a d’ailleurs voté, avant même que Telesur ne soit lancée, une résolution autorisant à contrer ses programmes via des émissions proaméricaines, prenant ainsi modèle sur la « Tele Marti » à Cuba (10).
Par cet exemple, on peut affirmer que certains Etats sud-américains, à travers ce type de projet, sont prêts à mener des opérations de front visant à limiter voire même à contrer l’influence américaine. Mais les Etats-Unis, très réactifs face à ce genre d’initiative, sont déterminés à garder la mainmise sur ce continent et il faudra plus qu’une simple chaîne pour remettre en cause leur suprématie.

Jean-Marie Lécuyer
EGE, Promo 9


1) Jeux de mots en espagnol, utilisé par Hugo Chávez, consistant à décrier vulgairement le projet de zone de libre échange des Amériques.
2) http://www.tn24horas.com, télévision argentine sur Internet, 4 novembre 2005.
3) http://www.redvoltaire.net.
4) Pietrich B. « TeleSur, con capital de varios países, un proyecto contrahegemónico de televisión en América Latina », Alia2, 2005.
5) Bastien, D. « Le président vénézuélien Hugo Chavez pousse ses pions en Amérique latine »Les Echos, 19 août 2005.
6) Meurisse, F. « Telesur, la télé du Sud sous surveillance », Libération, 24 juin 2005.
7) « Le Venezuela rejoint le MERCOSUR », La Tribune, 12 décembre 2005.
8) Brzezinski, S. « Le grand échiquier : l’Amérique et le reste du monde », Hachette Littératures, Paris, 1997, 272 pages.
9) « Bush a envisagé de bombarder Al-Jazira » (Daily Mirror) », Agence France Presse, 22 Novembre 2005.
10) Sreeharsha, V., “Telesur tested by Chavez video” Christian Science Monitor, 22 novembre 2005.

La diversité culturelle : Les enjeux et les affrontements

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Le vote du projet de convention de l'UNESCO pour la protection et la promotion de la diversité culturelle a été adopté par 151 pays, les États-Unis et Israël, ayant voté contre. En Octobre 2005, le texte était débattu devant la commission culture, avant d'être soumis au vote des délégués des 191 membres de l’Unesco, réunis à Paris pour la 33e conférence générale. La convention, qui devra être ratifiée par 30 pays pour avoir force de loi, passera par un processus long.

L’objectif du texte est de protéger la diversité culturelle, promouvoir les traditions ethniques et langues minoritaires, et de protéger les cultures locales des impacts négatifs liés à la mondialisation. Ce document vise à ne pas soumettre l'ensemble des biens et des industries culturelles aux décisions de l'Organisation mondiale du commerce (l'OMC) et au principe de la concurrence libre et non faussée, faisant ainsi de la culture une exception pouvant être subventionnée par les Etats. Cette Convention aurait une portée contraignante pour les Etats signataires qui pourraient s'en prévaloir lors des discussions à l’OMC qui concernent les produits culturels.

L’article 1, de la convention, confirme "le droit souverain des États de conserver, d’adopter et de mettre en oeuvre les politiques et mesures appropriées en vue de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles sur leur territoire". L’article 20 stipule que cette convention est "non subordonnée" aux autres traités internationaux. Elle a le même poids que les règles de l’OMC. Chacun est donc libre de ces choix dans ses politiques pour protéger sa culture à l’aide de subventions, quotas et mesures fiscales.

Les seules règles du marché appliquées au secteur culturel serait synonyme d'une homogénéisation ou d’une uniformisation des cultures au profit des modèles culturels dominants, fondées sur une logique marchande qui exclurait l'expression des cultures « moins rentables ». Le danger serait de voir les citoyens de chaque pays adopter les manières de penser et de vivre des Américains selon le concept de « Social Learning ». La position dominante des États-Unis en matière culturelle serait alors assurée et renforcée.

Les luttes au sein de l’Unesco pour créer ou non un instrument juridique contraignant et qui protégera la diversité culturelle reflètent clairement une guerre économique menée par les Américains. Celle-ci tient au fait, que pour eux, il faut faire reconnaître les biens et services culturels comme pouvant être soumis aux règles usuelles du commerce.

Le 1er bilan que l’on peut faire du vote de ce projet de convention est que les Etats Unis auront été abandonnés par leurs fidèles alliés : la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Mexique, l'Argentine, le Guatemala, et le Japon. Seul Israël a voté contre ce projet de convention et le Japon, l'Australie et Israël ont exprimé des réticences, au nom de la liberté des échanges. Selon le journaliste Maurice Ulrich, « la position de l'Union européenne est allée en faveur de l'adoption du texte. On peut sans doute y lire une volonté d'exister face aux États-Unis en matière culturelle ». Les représentants de la Chine et de la Russie, ont soutenu avec force le texte. Et pour la Mauritanie, il constituerait "un véritable antidote contre la mondialisation".

Pour les Américains, le texte de la convention ferait « capoter les progrès vers une mondialisation du commerce sous l'égide de l'OMC ». 27 amendements ont été déposés pour essayer de vider le texte d'une partie de sa substance. Auparavant, Condoleeza Rice avait même évoqué une rupture, soit un retrait des États-Unis de l'UNESCO. Elle a aussi adressé une lettre à tous les ministres des Affaires étrangères leur demandant de prolonger la discussion sur le projet.

Pour de nombreux pays, l’attitude des Etats-Unis n’a rien de surprenante. Certains affirment que « si ils ont réintégré l’Unesco en octobre 2004, après 19 ans de boycottage, c’est justement dans le but manifeste d’empêcher l’aboutissement d’une telle convention. » La bataille pourrait alors se prolonger au moment de la ratification. Ils pourraient exercer des pressions sur certains Etats pour qu'ils ne ratifient pas la Convention. En effet, l'article 20.2 qui précise que «rien dans la présente convention ne peut être interprété comme modifiant les droits et obligations des parties au titre d'autres traités auxquels elles sont parties» est une faiblesse du projet de la convention.

Certains observateurs craignent que les États-Unis ne profitent de cette clause pour multiplier les accords bilatéraux avec d'autres pays, ce qui affaiblirait la convention. Selon Robert Pilon, membre de la coalition pour la diversité culturelle, « les Américains établissent des précédents dans chaque continent et forcent successivement les gouvernements à renoncer, le plus possible, à leur souveraineté sur leur politique culturelle. Généralement, ils leur suffisent de baisser les droits de douane sur certains produits que les pays souhaitent exporter afin d’obtenir le maximum de libéralisation de services ». Malgré les efforts de la France pour empêcher que le Cambodge fasse une offre de libéralisation de ses industries culturelles, rien n’a pu être évité.

"En ce moment, au Burkina Faso ou au Bénin, des diplomates américains mènent un intense travail de lobbying. Ils n’hésitent pas à proposer de rédiger les offres commerciales à la place des représentants africains pour les accords bilatéraux", ajoute François Loos. Jean Musitelli, lui, précise que « dans certains pays d’Europe de l’Est ou au Vietnam, les Américains ont équipé le territoire en salles de cinéma ». Ils essaient de soigner leur image en faisant venir des vedettes hollywoodiennes pour l’inauguration de multiplexes. Il y a aussi des pressions américaines sur le Maroc. Ils proposaient d’ouvrir leur marché aux produits agricoles marocains. En contrepartie, le Maroc devait s’engager à renoncer à sa souveraineté sur ses industries culturelles.

On voit donc les enjeux que suscite la diversité culturelle pour les différents acteurs. La convention, qui devra être ratifiée par 30 pays pour être performante, est le théâtre d’affrontements et de jeux d’influence. Il s’agit maintenant de convaincre que la ratification officielle doit suivre. La France, le Canada, le Québec et l’Espagne mobilisent leur réseau diplomatique dans cette voie. L’adoption de la convention semble acquise mais plus il y aura de pays qui refuseront le mécanisme, moins le traité sera performant, ce qui aura pour conséquence d’avoir une jurisprudence internationale en droit culturel affaiblie.

Martin Mollet

Taiwan face à la Chine : de la difficulté de maintenir une puissance taiwanaise

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« Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois !» : voilà la phrase tant redoutée par les indépendantistes de Formose. Après la défaite de l’armée de Chiang Kai-Sek par les troupes communistes de Mao, Taiwan devint le refuge des nationalistes. Le 8 décembre 1949, le général Jiang Jieshi établissait officiellement le gouvernement nationaliste de la Chine à Taipei ; En 1951 les USA reconnurent ce gouvernement comme le seul gouvernement légal de la Chine, faisant ainsi un affront à la République Populaire de Chine, à l’époque explicable par l’hostilité entre les deux « blocs ».

Depuis, la complexification des relations internationales et l’émergence économique de la Chine ont poussé une majorité de pays à considérer Taiwan comme faisant partie intégrante de l’Empire du Milieu. Face à cela, Formose, partagée en son sein entre les défenseurs du rapprochement avec la Chine, et les fervents indépendantistes qui entendent bien faire de Taiwan un Etat souverain tente de se faire une place sur la scène internationale!
Petit île d’une vingtaine de millions d’habitants face à un empire de plus d’un milliard trois cent millions d’habitants bien déterminé à procédé à la réunification des territoires « chinois » après Hong Kong et Macao, Taiwan se trouve face à une double dilemme : d’une part parvenir à affirmer sa souveraineté auprès de la communauté internationale sans pour autant déclencher des hostilités militaires de la part de la Chine, et d’autre part, préserver ses intérêts économiques étant donné la forte imbrication de son économie et des investissements taiwanais sur le sol chinois.

Obtenir un siège à l’ONU revient à se voir reconnaître la souveraineté de son Etat par la communauté internationale. Or, le Vatican et Taiwan sont les deux seules entités à ne pas avoir de siège à l’ONU. Depuis 1971, l’expulsion de Taiwan des Nations unies et la reconnaissance de la République Populaire de Chine comme étant la représentante légitime de la Chine, a porté un rude coup aux revendications indépendantistes de Formose. L’île tente ainsi depuis de nombreuses années de récupérer sa place au sein de la Communauté internationale en combinant deux stratégies majeures : l’une consiste à effectuer un lobbying intensif auprès de Washington, en particulier via la FAPA (Formosan Association for Public Affairs) et en s’entourant d’alliés apportant leur soutien pour la constitution d’un comité d’étude chargé de discuter du problème de la représentation de la République de Chine à l’ONU. Ses alliés sont constitués en majeure partie de pays en développement. On retrouve des pays tels que le Burkina Faso, le Nicaragua, le Honduras, la Gambie, le Tchad… et le soutien financier de Taiwan n’est pas anodin dans cette prise de position. Des coopérations avantageuses pour ces pays sont offertes par Taiwan, et l’on peut noter l’exemple de novembre 2005, lors de la conférence de l’OMC, du remerciement chaleureux de Pascal Lamy envers Taiwan pour les 20 000 dollars américains (environ 670 000 dollars taiwanais) dont l’île venait de faire don afin d’aider à financer la participation des pays les moins avancés (PMA). Dans le même cadre, Taiwan incite explicitement ses entreprises à investir au sein de ces pays. Seulement, la place de la Chine sur le marché mondial se faisant grandissante, Taiwan perd du terrain, notamment en Afrique lorsque l’on voit par exemple le Sénégal qui en octobre 2005, change de discours et de position en affirmant que Formose fait « partie intégrante du territoire chinois ».
Les refus constants d’ouverture de dossier de la part de l’ONU fragilise les espoirs du gouvernement taiwanais pour une reconnaissance à court terme de leur souveraineté d’autant plus que dans la configuration actuelle, aucun gouvernement n’a intérêt à s’attirer le courroux de la Chine en remettant en cause l’appartenance de l’île au territoire chinois.

L’Empire du Milieu d’ailleurs met en oeuvre une stratégie d’isolement vis-à-vis de Taiwan, soit par la voie diplomatique comme nous venons de le voir, soit par la voie économique. On peut le noter par exemple lors de l’accord en 2002 (prenant effet mi 2004) concernant l’abaissement des droits de douanes et l’encouragement d’investissements croisés entre la Chine et l’ASEAN dont Taiwan ne fait pas partie. Formose voit en cela bien évidemment un risque de marginalisation au sein des échanges économique de la région, mais préfère l’observer sous un angle différent : d’une part l’île effectue des pactes économiques séparés avec des pays membres, et d’autres part, la proportion d’investisseurs taiwanais présent sur le sol chinois leur permet indirectement de profiter de ce nouvel accord ! En effet, les investissements taiwanais sur le sol chinois font partie des plus importants présents sur la zone. Cela peut être interprété de deux manières différentes : la Chine séduit ainsi un segment influent de la population taiwanaise en faveur d’une réunification de leur pays pour des raisons purement économiques. Mais d’un autre coté, Taiwan se constitue comme étant l’un des poumons financiers de la Chine, qui n’a donc aucun intérêt à résoudre le conflit d’une manière violente.

Taiwan est donc dans une position difficile au niveau de la mise en oeuvre d’une réelle stratégie de puissance. Ces difficultés sont tant d’ordre interne qu’externe.
La reconnaissance de Taiwan comme Etat souverain est évidemment quasiment impossible par des Etats soucieux de préserver de bonnes relations avec l’Empire du milieu et son développement économique fort prometteur ! Ensuite, Taiwan fait face à des dissensions internes importantes. Lors des dernières élections régionales, le président taiwanais Chen Shui-bian n’a pu que constater l’échec de sa politique d’opposition à la Chine. Il est vrai que les voix du rapprochement avec l’Empire se font de plus en plus entendre.
Se positionner comme haut lieu économique et technologique sur la scène internationale (notamment grâce au prolongement des investissements dans les nanotechnologies) pourrait être une solution pour Formose. Quoi qu’il en soit, entre la délocalisation de ses centres de recherches vers la Chine et l’Inde, et la perte du soutien de certains de ces alliés au profit d’un Empire du milieu de plus en plus puissant, les revendications indépendantistes ne semblent guère avoir un réel avenir.

Morgan Cousin

Cinema et Propagande aux Etats-Unis

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"Les relations entre le média « image » et les instances politiques américaines ont revêtu différentes formes tout au long du vingtième siècle. Ces relations ont connu leurs heures de gloire et leurs heures sombres, au gré des différentes étapes du développement du cinéma, de la santé économique, de l’actualité ou encore de l’implication du pays dans différents conflits de par le monde.

Cette étude revient en premier lieu sur les acteurs et le cadre de cette coopération, avant de retracer les principaux jalons de ce mariage de raison entre Pentagone et Cinéma, illustrant une véritable exploitation mutuelle. Dans un troisième temps, elle analyse les mécanismes de propagande véhiculés par le cinéma américain, qu’ils soient explicites ou masqués, mais illustrant quoi qu’il en soit son utilisation comme levier de promotion de la toute puissance américaine et de l’American Way of life. Enfin, elle propose une lecture synthétique de ses atouts mais aussi des risques associés sur les comportements individuels en particulier.

A l’aube du vingt-et-unième siècle, alors que le cinéma perd de sa superbe à l’aune du développement du multimédia, de l’ère du tout numérique et de l’émergence de nouveaux usages, de nouveaux mécanismes de propagande apparaissent. Ces derniers permettent de démultiplier l’effet de résonance entre médias et sonnent peut-être le glas d’une association centenaire entre le cinéma et les instances politiques américaines.

Ce document est accompagné d’annexes séparées explicitant l’ensemble des sources analysées dans le cadre de cette étude : la littérature particulièrement fournie sur ce thème, les documentaires TV, les films et l’exploitation de diverses sources Internet.

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20.12.05

Le Minist�re de l?Int�rieur communique sur les attaques subies par les entreprises fran�aises

Le Minist�re de l?Int�rieur communique sur les attaques subies par les entreprises fran�aises

"Jusqu?� aujourd?hui, les services de s�curit� charg�s de la surveillance des men�es �trang�res contre les entreprises fran�aises ne communiquaient pas le r�sultat de leurs analyses. Le journaliste Herv� Brusini organisa une �mission de t�l�vision � la fin des ann�es 90 � partir du rapport annuel r�dig� par la sous-direction B charg�e de la protection du patrimoine au sein de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Mais ce fut un cas exceptionnel � l?�poque. L?article publi� le 29 novembre 2005 sur le site www.lexpansion.com s?appuie sur un travail �tabli par la Direction Centrale des Renseignements G�n�raux en collaboration avec la DST (fait nouveau � noter, suite � l?application d?une circulaire dat�e d?avril 2005) donne un aper�u des ing�rences �trang�res contre les entreprises fran�aises.

Les quelques dizaines d?agressions identifi�es ne peuvent �tre interpr�t�es comme une statistique car il s?agit du fruit d?enqu�tes polici�res. La DST et la DCRG ne peuvent op�rer que des coups de sonde compte tenu de la faiblesse des effectifs affect�s � ce genre de mission. Les ing�rences de nature chinoise sont d?autant plus difficiles � identifier que les services de s�curit� fran�ais n?ont pas les cr�dits suffisants pour int�grer � leurs �quipes des personnes ma�trisant les langues asiatiques. Ils font donc ce qu?ils peuvent. Mais cette communication a une valeur symbolique tr�s importante. L?administration brise enfin le silence entretenu habituellement sur ce genre d?affaires. Notons au passage que cette sensibilisation aux menaces fait partie du travail �l�mentaire pour faire comprendre l?importance strat�gique du patriotisme �conomique. Peu de d�cideurs se posent cette question qui tombe sous le sens : Que se passera-t-il lorsque la Chine nous aura rejoint sur le plan technologique ? Les deux coud�es d?avance que nous sommes cens�s conserver vis-�-vis de la Chine dans le domaine de l?innovation technologique afin de r�sister � sa comp�titivit� auront alors disparues. Et les belles th�ses d�fendues par le MEDEF qui n?a toujours rien compris � l?importance de cette notion d�fendue par le gouvernement actuel, risquent alors de voler en �clat. Avec les cons�quences que l?on imagine pour l?emploi et de l?avenir de notre �conomie."

Les man?uvres d?influence am�ricaines par le biais des �glises �vang�listes

Les man?uvres d?influence am�ricaines par le biais des �glises �vang�listes

"Les �glises �vang�listes avaient d�j� jou� un r�le moteur de matrice imp�riale britannique am�ricaines (cf l?article sur l?empire britannique victorien sur le site www.infoguerre.com). Leurs consoeurs am�ricaines lancent aujourd?hui une grande offensive pour s?implanter dans diff�rentes r�gions du monde :
? En Kabylie, elles profitent des contradictions alg�riennes locales pour tendre la main aux opposants au pouvoir central d?Alger.
? En Somalie, elles prennent appui sur les rivalit�s ethniques pour cr�er des centres de conversion � leur religion et n?h�sitent pas � y envoyer des anciens imans convertis aux pratiques �vang�listes, form�s aux Etats-Unis qui sont pr�ts � assumer un r�le de martyr.
? En Chine, elles pr�parent tr�s activement leur implantation dans la foul�e des jeux olympiques 2008.
? En France, elles ont engag� des d�marches d?entrisme au sein de la F�d�ration protestante de France. Leur objectif est de profiter de son d�clin pour en prendre la t�te. L?objectif des �vang�listes en France est de cr�er une �glise de cette confession pour dix mille habitants. Ils acqui�rent des lieux de culte qu?ils ne peuvent pas exploiter officiellement pour l?instant car il leur faut les autorisations officielles, � l?image de l?organisation du culte musulman fran�ais. A la diff�rence de l?�glise catholique, les �vang�listes n?h�sitent pas � mettre en avant des musulmans convertis � leur cause qui prennent la parole en public. L?audience des �vang�listes reste pour l?instant limit�e. Ils r�unissent ponctuellement des salles de 3000 personnes. Suite aux violences urbaines qui touchent aujourd?hui la France, les �vang�listes n?h�sitent pas � prendre le relais de la propagande am�ricaine de la Fox pour d�noncer l?�chec du mod�le d?int�gration fran�ais et souhaitent y pallier en pr�nant leur propre mod�le de vie soci�tale."

Les Am�ricains contre la diversit� culturelle

Les Am�ricains contre la diversit� culturelle

A la fin octobre 2005, l?UNESCO a tenu une s�ance pl�ni�re sur a signature d?une convention sur la diversit� culturelle. Celle-ci a donn� lieu � un affrontement tr�s peu diplomatique entre la d�l�gation am�ricaine et la repr�sentation de l?Union europ�enne men�e par un britannique. Les Am�ricains se sont oppos�s � la d�marche encourag�e par l?Union europ�enne sur la diversit� culturelle. Le Pr�sident de l?assembl�e de l?Unesco a d� faire voter les pays membres lors de cette s�ance pl�ni�re pour poursuivre les travaux (pratique rarissime dans un lieu d?ordinaire tr�s consensuel). Le repr�sentant fran�ais a r�agi tr�s vivement � cette agressivit� de la d�l�gation am�ricaine. La totalit� des pays membres de l?UNESCO ont vot� contre la proposition am�ricaine � l?exception d?un pays. Cet isolement des Etats-Unis n?est pas anodin. Ils montrent que leur volont� de niveler les cultures n?est pas une victoire acquise. Ils essaient de contourner cette opposition mondiale � leur th�se par les accords bilat�raux qu?ils sont en train de passer avec certains pays, en y incluant les services et les produits culturels. Leur objectif est de faire jouer leur rouleau compresseur en termes financiers ainsi que la taille critique de leur politique marketing via leurs standards �ducatifs. La num�risation de plusieurs millions d?ouvrages annonc�s par Google est un premier avertissement qui a �t� pris en compte sur la sc�ne internationale. Mais l?encerclement culturel peut �tre beaucoup plus discret. Signalons ce qui risque de devenir un cas d?�cole � savoir la mani�re dont une multinationale � reformate � le capital culturel d?une soci�t�. Le rachat de soci�t�s d?�dition europ�ennes par le g�ant anglo-saxon Else Vier entra�nerait des pratiques �ditoriales plut�t troublantes. Ainsi, les maisons d?�dition rachet�es par Else Vier publieraient de moins en moins de titres d?origine nationale. Cette s�lection serait l�gitim�e sous le pr�texte d?aligner leur marketing sur les crit�res de gestion du groupe Else Vier. Rappelons � ce propos que le groupe Else Vier est en train d?acqu�rir un des deniers fleurons de l?�dition m�dicale fran�aise : les �ditions Masson. A titre symbolique, rappelons que le refus de la diversit� culturelle s?exerce de mani�re tr�s caricaturale. C?est ainsi que lobby des producteurs de cin�ma am�ricain du MPAA a fait interdire en avril dernier aux moins de 12 ans le film fran�ais Les choristes sous le fallacieux pr�texte d?une chanson paillarde. Une telle mesure tue potentiellement la distribution du film aux Etats-Unis.

Le projet de d�cret sur les march� strat�giques en danger

Le projet de d�cret sur les march� strat�giques en danger

Depuis que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, a annonc� la r�daction d?un d�cret sur la protection des march�s strat�giques, les milieux ultralib�raux et le camp proam�ricain ont lanc� une campagne de pression tous azimuts pour limiter au maximum les effets de ce futur d�cret. Notons au passage que les maladresses des hauts fonctionnaires charg�s du dossier et tr�s mal pr�par�s � cet exercice ont ouvert la voie � cette contre offensive. Les Anglosaxons comme les Chinois pratiquent le double langage avec un art consomm�.

C?est ainsi qu?ils ne donnent pas de d�finition claire de la s�curit� nationale. En France, l?administration qui pense puissance publique � l?�gard de ses administr�s et non strat�gie de puissance � l?�gard du monde ext�rieur, ne sait pas jouer habilement du double langage. Certes, quelques petits correctifs sont effectu�s ici et l� dans la communication gouvernementale � l?image de Jean-Fran�ois Copp� qui ce week end pr�cisait � la radio que le patriotisme �conomique vise � �viter les d�localisations. Mais il est clair que les partisans de la pr�servation de l?int�r�t de puissance fran�ais ne se manifestent pas assez pour contrer les multiples lobbies des �mules de l?�cole lavalienne (rappelons pour m�moire que nous qualifions d?�cole lavalienne les opportunistes qui se mettent syst�matiquement du c�t� du plus fort, quite � d�sservir les int�r�ts de leur pays, � l?image de Pierre Laval).

Les enjeux de la formation des �lites africaines en France

Les enjeux de la formation des �lites africaines en France

Les solides liens d?amiti� tiss�s sur les bancs des �coles et des universit�s entre les �lites fran�aises et les �lites africaines qui devaient arriver au pouvoir dans les ann�es 1960, ou encore ceux existants entre les militaires blancs de � la Coloniale � et leurs anciens homologues noirs -lesquels seront parfois � l?origine du renversement des premiers pr�sidents africains issus des ind�pendances- ont probablement �t� � l?origine de la relation privil�gi�e qui s?est maintenue entre la France et ses anciennes colonies d?Afrique subsaharienne jusqu?aux ann�es 1990.

Ils ont donc longtemps constitu� une chance, chacun des protagonistes de cette relation franco-africaine en tirant b�n�fice : la France, qui devait trouver dans sa politique d?influence sur le continent une occasion de conserver son rang de � grande moyenne puissance mondiale �, mais aussi les pouvoirs africains, qui firent de la rente d�coulant des politiques bilat�rales d?aide publique au d�veloppement la base d?un compromis postcolonial g�n�rateur de stabilit� qui perdurera quelques d�cennies, bien qu?accept� plus ou moins volontairement par les soci�t�s africaines.

Cette politique africaine se perp�tue tout au long des ann�es 1970 et 1980, certes parce qu?elle sert les int�r�ts de tous, mais aussi parce que les �changes � physiques � entre �lites restent nombreux et participent encore � renforcer la relation : envoi massif de coop�rants fran�ais, accueil d?�tudiants -parfois opposants- et de stagiaires militaires africains dans l?intention d?aider � la formation des arm�es des jeunes Etats, etc. La r�alit� est donc �loign�e de l?image de � barbouzerie � g�n�ralis�e que mettront plus tard en avant les pol�mistes pourfendeurs de la � Fran�afrique �. Force est cependant de constater que c?est la France qui a le mieux profit� de cette relation, et que cette derni�re ne sera jamais condamn�e par la majorit� de la classe politique fran�aise ni au lendemain de l?alternance de 1981 ni m�me quand l?�chec du d�veloppement de la partie francophone du continent deviendra de plus en plus patent (ce constat �tant au demeurant valable pour nombre de pays anglophones et lusophones).

Avec la chute du mur de Berlin, la contestation des r�gimes africains par leur propre population, le g�nocide rwandais, le conditionnement de l?aide � un accord pr�alable avec le FMI et sa constante diminution, les appels � la d�mocratisation qui font douter les dirigeants africains de la r�ciprocit� de leur amiti�, la d�valuation du franc CFA, la part de plus en plus importante des pays d?Afrique non francophone dans l?exc�dent de la balance commerciale fran�aise, le choix de l?Europe plut�t que de l?Afrique comme nouveau multiplicateur de rayonnement et la r�forme du dispositif militaire fran�ais en Afrique, ainsi qu?avec la disparition du minist�re de la Coop�ration, on assiste dans les ann�es 1990 � la d�construction de la relation entre la France et l?Afrique. Et ce � l?heure o�, dans un mouvement exactement contraire, la Grande-Bretagne s?implique sur le continent (cr�ation du DFID, intervention militaire en Sierra Leone?) !

Tout cela, conjugu� � un contexte d?int�gration particuli�re du continent � la mondialisation (seule l?Afrique voit sa part dans le commerce mondial r�gresser, passant de 3% � 1% en une d�cennie), d?affaiblissement de l?Etat, voire d?instabilit� ou encore de conflit intra-�tatique, ach�ve de consommer le divorce entre la France et la partie francophone du continent. Un �loignement peu profitable � l?espace francophone si l?on en juge � l?aune de l?expansion des syst�mes de conflit sur le sous-continent (Afrique des Grands Lacs, Afrique centrale, Afrique de l?Ouest). Les autoflagellations des bien-pensants auront pour cons�quence d?aggraver le mal, l�gitimant les politiques de restriction d?attribution des visas d?�tude et autres tracasseries administratives qui vont dissuader les �lites d?Afrique francophone de poursuivre leur formation en France, tandis que celles qui s?ent�tent � obtenir le pr�cieux s�same n?ont alors souvent pas les moyens mat�riels de vivre en France faute de bourses d?Etat. Ce qui n?a pas manqu� de cr�er un foss� d?une d�cennie entre �lites fran�aises et africaines.

Or les attentats du 11 septembre 2001 et peut-�tre plus encore les �v�nements de C�te d?Ivoire am�nent la r�implication -multilat�ralis�e- de la France en Afrique, et plus particuli�rement dans sa � zone d?int�r�t prioritaire �. Dans ce nouveau contexte, le souvent long maintien au pouvoir des pr�sidents d?Afrique francophone et les solides amiti�s qu?ils ont nou�es avec les �lites politiques fran�aises au cours de l?exercice de leur mandat ne manqueront pas d?impliquer d?office la France dans des successions qui se profilent � court terme (pour des raisons biologiques �videntes) et qui se r�v�leront d?autant plus difficiles qu?on peut les assimiler � la remise en question des contrats et des �quilibres sociaux qui s?�taient �tablis au lendemain des ind�pendances. Et quand bien m�me ces obstacles seraient surmont�s, quels interlocuteurs restera-t-il � la France si les jeunes �lites africaines qui succ�dent aux � �l�phants � sont celles qui ont �t� form�es ailleurs que dans l?Hexagone pendant les ann�es 1990 ? Tous ces arguments sont le meilleur plaidoyer pour que Paris cesse de ne consid�rer comme interlocuteurs valables que les �lites africaines et s?int�resse aussi aux jeunes soci�t�s civiles africaines. Plaidoyer aussi pour que la France, plut�t que de laisser se perp�tuer la discrimination qui frappe ses jeunes d?origine africaine, fasse le maximum pour les int�grer et que les mieux form�s tout comme ceux qui ont gard� un lien fort avec l?Afrique deviennent ses relais avec le continent, comblant ainsi le foss� des ann�es 1990. Loin d?�tre une menace, ils constituent une opportunit�.

Nicolas Berembaum

L?ICANN face au cybersquatting : la faillite d?un mode de gouvernance

L?ICANN face au cybersquatting : la faillite d?un mode de gouvernance

Depuis 2004, une poign�e d?entreprises am�ricaines se livrent � un ballet des plus curieux : chaque jour, des centaines de milliers de noms de domaines en extension .COM sont enregistr�s, puis disparaissent comme par magie dans les cinq jours qui suivent. Focus sur un mod�le �conomique parasitique entretenu par l?ICANN : le cybersquatting furtif.

Prestataire d?enregistrement accr�dit� par l?ICANN, la soci�t� am�ricaine Domain Name Sales (1) fut la premi�re � pratiquer un cybersquatting agressif sur une �chelle encore jamais atteinte. Courant d�cembre 2004, elle proc�da � l?enregistrement quotidien de plusieurs dizaines de milliers de noms de domaines, usurpant des centaines de marques de notori�t� mondiale, en utilisant un proc�d� peu connu mais tout � fait l�gal l?autorisant � supprimer ces noms de domaines apr�s cinq jours d?activit� et obtenir de l?ICANN le remboursement total des frais d?enregistrement ($0.25 par domaine). Ainsi �tait n� le � cybersquatting furtif �, technique permettant de capter un maximum de trafic Internet, de mesurer le potentiel commercial des domaines squatt�s et de ne conserver que ceux susceptibles de rembourser leurs frais d?enregistrement d�finitif.

Cette soci�t� fut rapidement suivie par d?autres prestataires, tels que Compana Llc et NameView Inc (2). A elles seules, ces soci�t�s totalisaient d�but 2005 les trois quarts des enregistrements de noms de domaines quotidiens sur la plan�te (3). Stigmate habituel du cybersquatting : ces domaines �taient syst�matiquement utilis�s pour h�berger des portails commerciaux de liens sponsoris�s r�mun�r�s au clic, activit� des plus lucratives sur Internet.

La progression du ph�nom�ne est impressionnante : en janvier, les enregistrements de domaines g�n�riques s?�levaient � 100.000 par jour, et seule l?extension .COM �tait impact�e; fin 2005, la barre du million et demi d?enregistrements quotidiens de domaines .COM et .NET est all�grement franchie jour apr�s jour ? dont plus de 95% d?enregistrements furtifs. Et le ph�nom�ne tend � contaminer progressivement les autres extensions (.ORG, .BIZ, .INFO?). Invariablement, les noms de domaines enregistr�s usurpent des noms de marques et d?entreprises de notori�t� mondiale et h�bergent des portails commerciaux sectoriels : qu?elles en soient conscientes ou non, les entreprises du CAC40 sont toutes impact�es par ces sites qui offrent bien souvent des publicit�s pour leurs concurrents directs.

L?industrialisation � grande �chelle du proc�d� a �t� introduite par la soci�t� Intercosmos Media Group Inc, � travers sa filiale DirectNIC (4). Cette entreprise fait aujourd?hui partie du top-100 des entreprises am�ricaines en forte croissance, avec un chiffre d?affaires de 22 millions de dollars en 2004, en progression de 2300% sur les cinq derni�res ann�es. Elle repr�sente � elle seule la moiti� des enregistrements de noms de domaines � furtifs �.

Impossible d?identifier les commanditaires r�els de ces op�rations massives d?enregistrement ? si tant est qu?ils existent et que les registraires n?agissent pas pour leur propre compte : en contradiction avec toutes les r�gles de gestion �dict�es par l?ICANN, les prestataires d?enregistrement masquent syst�matiquement l?identit� des d�tenteurs r�els de ces domaines en simulant des probl�mes techniques ou en refusant tout simplement les requ�tes sur leurs bases de donn�es Whois (5).

Ainsi, � la diff�rence du cybersquatting classique, les entreprises impact�es par ces usurpations se trouvent totalement d�munies pour faire face � ce ph�nom�ne. En effet, ces noms de domaines retombent syst�matiquement dans le domaine public moins de cinq jours apr�s leur enregistrement (6), d�lai bien trop court pour permettre � l?arsenal juridique de l?Office Mondial de la Propri�t� Intellectuelle (OMPI) de se montrer efficace ? le co�t d?une proc�dure d?arbitrage s?�levant � un forfait minimum de $1500 pour un � cinq noms de domaines (7), et les d�lib�rations pouvant prendre plusieurs semaines. Tout laisse d?ailleurs penser que l?Europe ne montrera pas davantage de volont� pour r�soudre les litiges sur les extensions .EU en un temps et � un co�t adapt�s aux nouvelles formes de cybersquatting : le co�t minimum d?arbitrage d?un litige sera de 2000 euros pour seulement deux noms de domaines (8).

Comment en est-on arriv� � de telles aberrations techniques et juridiques ? Un examen approfondi des r�gles du jeu impos�es par l?ICANN montrent non seulement que ces failles ne sont pas nouvelles ? elles existent depuis des ann�es ? mais surtout, ont �t� voulues et pens�es en tant que telles :

? Un nom de domaine nouvellement enregistr� peut �tre supprim� gratuitement dans un d�lai de 5 jours. En contrepartie, l?ICANN reverse au prestataire d?enregistrement la taxe d?enregistrement de $0.25. Cette r�gle est connue sous le nom de � Add Grace Period �, s?applique � toutes les extensions g�n�riques et existe depuis 2003 ;

? Les registres Whois sont exempts de tout contr�le technique ind�pendant commandit� par l?ICANN. Chaque prestataire d?enregistrement g�re sa propre base, suivant ses propres standards techniques, sans contrainte de disponibilit�, d?int�grit� ou de s�curit�, et n?est tenu � aucune sorte d?interop�rabilit� entre les bases ;

? Les registraires accr�dit�s par l?ICANN ne sont pas tenus, dans les faits, d?avoir une activit� r�elle de registraire ; seule une taxe d?accr�ditation de plusieurs milliers de dollars leur est demand�e. Par exemple, le site web de l?entreprise Domain Name Sales, bien qu?en ligne depuis plus d?un an, affiche toujours le message �Check back soon for our official launch � ;

? Les registraires accr�dit�s par l?ICANN ne peuvent, officiellement, enregistrer des domaines en leur nom propre, dans la mesure o� cela constituerait un d�lit d?initi� (imaginez par exemple que vous souhaitez enregistrer un domaine, et que quelques minutes apr�s avoir v�rifi� sa disponibilit�, ce domaine soit enregistr� par une soci�t� am�ricaine qui vous propose de vous le revendre pour $200). Mais dans les faits, l?identit� r�elle du d�tenteur d?un domaine est inconnue de l?ICANN, et est stock�e uniquement dans les registres Whois du registraire. Ce dernier est donc en mesure de publier des informations totalement erron�es pour masquer ses pratiques frauduleuses.


Ces failles r�glementaires ont pour cons�quence directe qu?un registraire tel que DirectNIC peut pratiquer le cybersquatting furtif de mani�re intensive avec une mise initiale tr�s faible et un retour sur investissement imm�diat ; par ailleurs un domaine peut �tre supprim� apr�s cinq jours d?activit�, puis enregistr� � nouveau, puis supprim� apr�s cinq jours, etc. Ce proc�d� permet en pratique de devenir gratuitement propri�taire de milliers de domaines sur une p�riode de temps virtuellement illimit�e.

Enfin, la p�riode de suppression de cinq jours permet � l?ICANN de sortir la t�te haute : non seulement cette fonction autorise les registraires � pratiquer l�galement et gratuitement un cybersquatting forcen�, mais en plus la masse globale de noms de domaines reste stable, ce qui permet de minimiser le ph�nom�ne vis-�-vis du grand public et des institutions gouvernementales impliqu�es dans la lutte contre la contrefa�on.

De telles failles sont-elles le fait du hasard ? Notons que ces r�gles sont propos�es, d�battues, modifi�es et vot�es � l?ICANN par le GNSO (9), comit� compos� de six assembl�es repr�sentant les diff�rents publics concern�s par les noms de domaines g�n�riques (clients finaux, op�rateurs de registres, organisations publiques, fournisseurs d?acc�s, registraires, et avocats sp�cialis�s en droit des marques). Une de ces assembl�es, l?assembl�e des registraires, compos�e de 93 membres (10), repr�sente les int�r�ts des prestataires d?enregistrement de noms de domaines ; elle compte une dizaine de membres qui pratiquent ouvertement le cybersquatting furtif. Rappelons pour m�moire que l?ICANN est financ� � 100% par les registraires de tous pays (11) ; le budget 2005-2006 repr�sente 23 millions de dollars de revenus ? budget qui a tripl� depuis l?ann�e fiscale 2003-2004 ? dont 22 millions de dollars proviennent des registraires gTLD (extensions .COM, .NET, .ORG, .INFO, .BIZ). Sur ces 22 millions de dollars, 11 millions proviennent des taxes d?enregistrement de nouveaux domaines. On comprend donc mieux que cette petite assembl�e puisse se permettre de d�cr�ter des r�gles qui ne sont favorables qu?� elle sans avoir � craindre d?�ventuels contre-pouvoirs.

Y-a-t?il un espoir que la situation change ? Les discussions publiques sur les forums de l?ICANN tenues par ce comit� montrent explicitement que les registraires ont compris les enjeux et cons�quences de ces failles, et sont pr�ts � d�fendre leurs int�r�ts ? notamment, une motion (12) soutenue courant juin 2005 par le repr�sentant de la soci�t� Name Intelligence, visant � supprimer la gratuit� de ces enregistrements furtifs, a �t� torpill�e par les autres repr�sentants de cette assembl�e, au nom de leurs int�r�ts priv�s.

Enfin, et de mani�re � enterrer d�finitivement le probl�me, la question devait �tre �voqu�e lors du forum (13) du GNSO � Luxembourg les 11 et 12 juillet, qui devait permettre de trouver des solutions pour endiguer le ph�nom�ne (14). R�sultat : dans les 34 pages de compte-rendu officiel des discussions de ce forum (15), la question des atteintes � la propri�t� intellectuelle provoqu�es par ce ph�nom�ne occupe � peine une ligne (� There have been other concerns with regard to trademark rights and intellectual property concerns, et cetera (16) �). Plus confus et plus grave encore est le consensus auquel ces discussions ont abouti : la conclusion de ces discussions est que le probl�me n?existe pas (� It's no longer being called abuse because there is some disagreement as to whether there exists an issue at all or not. [...] (Registries) don't believe it's a -- well, they do believe it's an issue but they don't believe it's a pressing issue that needs immediate attention. � (17)). En d?autres termes, il existe un consensus tacite pour donner aux premiers b�n�ficiaires de ces failles toute latitude pour g�rer eux-m�mes la question.

Notons enfin que la question n?a pas le moins du monde �t� �voqu�e lors de la r�cente r�union de l?ICANN � Vancouver (18).


Ces constats sont tout � fait r�v�lateurs des v�ritables forces qui meuvent l?ICANN : la loi du March� est la seule religion tol�r�e, et la main invisible d?Adam Smith la seule r�gulation possible. Nous ne pouvons que d�plorer la faillite d?un mode de gouvernance sourd et aveugle qui ne tient aucun compte ni du droit international, ni du droit am�ricain.


Pierre Caron
http://www.sigint.fr
association@sigint.fr


1. http://www.domainnamesales.com
2. http://www.nameview.com
3. http://www.dailychanges.com
4. http://www.dailychanges.com/detail/?ns=DIRECTNIC.COM&date=2005-12-02&net=-219490&changes=259697&act=d
5. Bases de donn�es permettant d?identifier le d�tenteur d?un nom de domaine
6. http://www.icann.org/tlds/agreements/biz/registry-agmt-appc-10-11may01.htm
7. http://arbiter.wipo.int/domains/fees/index.html
8. http://www.arbcourt.cz/adreu/001.htm
9. http://www.gnso.icann.org
10. http://www.gnso.icann.org/mailing-lists/archives/registrars/msg01286.html
11. http://www.icann.org/financials/proposed-budget-17may05.html
12. http://www.gnso.icann.org/mailing-lists/archives/registrars/msg02938.html
13. http://www.circleid.com/posts/icann_meetings_in_luxembourg/
14. http://www.gtldregistries.org/events/2005-07-11_agenda
15. http://www.icann.org/meetings/luxembourg/captioning-gnso-forum-12jul05.htm
16. � Cela pose �galement d?autres probl�mes vis-�-vis du droit des marques et de la propri�t� intellectuelle, etc. �
17. � Nous n?appelons plus cela un probl�me, car un d�saccord subsiste sur l?existence m�me de ce probl�me. [?] (Les op�rateurs de registres) ne croient pas que ce soit ? enfin, ils pensent que c?est un probl�me mais que cette question n?est pas urgente et ne requiert pas une solution imm�diate �.
18. http://www.icann.org/meetings/vancouver/

Le mouvement serbe Otpor : une strat�gie de subversion

Le mouvement serbe Otpor : une strat�gie de subversion

Les guerres ayant d�chir� l'ex-Yougoslavie forgent la conviction, aux Etats-Unis, qu'il faut absolument mettre au pas la Serbie accus�e d'�tre l'initiatrice des conflits. Elle repr�sente un obstacle dans la strat�gie r�gionale am�ricaine d'implantation dans les Balkans. La puissance �tasunienne met en oeuvre une politique bas�e, dans un premier temps, sur la contrainte et la coercition, traduite dans les faits par l'�tablissement d'un embargo �conomique sur la Serbie et l'appui aux r�publiques s�cessionnistes (soutien dans les instances internationales alors que les Russes prendront timidement le parti de la Serbie, envoi de conseillers militaires am�ricains par le biais de soci�t�s priv�es ainsi que d'armes, etc.). L'apog�e de cette politique se cristallise dans la campagne de bombardements de la Serbie par l'OTAN pendant trois mois. Malgr� cela, le r�gime de M. Milosevic reste in�branlable.

C'est alors, que le gouvernement am�ricain d�cide de changer de strat�gie et de se concentrer sur une d�stabilisation du pouvoir serbe par l'int�rieur. Cette option commence d�j� � se d�finir en 1998, lorsque Bill Clinton donne carte blanche � la CIA pour tout entreprendre afin de renverser le gouvernement serbe. Une aide financi�re est octroy�e aux partis d'opposition (leur d�sunion a tr�s longtemps profit� au pouvoir serbe) et aux m�dias ind�pendants. Les municipalit�s d'opposition ne font plus l'objet d'un embargo. Le message est clair : d�barrassez-vous de ce r�gime et nous vous aiderons.

Cr�ation d?Otpor, son id�ologie et recherche de soutiens financiers

Les pr�c�dentes manifestations contre le pouvoir, depuis 1991 et surtout celles de 1996-1997, bien qu'elles aient fait descendre dans les rues des centaines de milliers de personnes se sont montr�e inefficaces s?essoufflent finalement.
Le mouvement d'�tudiants Otpor (r�sistance) n� en octobre1998 saura en tirer les le�ons. Il d�cide de s'implanter dans toute la Serbie et ne pas se cantonner uniquement aux grands centres urbains. Le mouvement est d�nu� de leader mais dispose d'un noyau d'une vingtaine de personnes. La t�che s'av�re difficile du fait de l'�troite surveillance polici�re et du manque de moyens financiers. Pour cela, les dirigeants d'Otpor prennent contact avec les fondations �trang�res. Les Am�ricains, convaincus de leur s�rieux, d�cident de les soutenir principalement � travers l'USAID.
L'id�ologie du groupe sera form�e � travers des s�minaires organis�s par l'International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute (NDI), entre autres. La strat�gie subversive d'Otpor se construit sur le principe de r�sistance non violente tir� des �crits de Gene Sharp. Ce dernier est le th�oricien de la r�sistance non violente. En analysant les diff�rents soul�vements pacifistes dans le monde, il met au point des techniques pour renverser des dictatures en attaquant leurs points faibles. Ces m�thodes seront enseign�es lors d'un s�minaire organis� en mars 2000, � Budapest, par Robert Helvey, colonel am�ricain � la retraite, travaillant pour l'Institut Albert Einstein fond� par Gene Sharp et mandat� par l'IRI aupr�s des membres d'Otpor. Homme d'exp�rience, il a d�j� form�, entre autres, des insurg�s au Myanmar ainsi que des �tudiants chinois � la d�sob�issance civile.


Strat�gie d?Otpor et soft power

Les principes de base du combat non violent sont : l'affaiblissement des piliers du r�gime que sont l'arm�e, la police et les m�dias; l'identification et l'exploitation des faiblesses du r�gime; l'obtention du soutien d'une large frange de la population et m�me des membres du gouvernement; le non recours � la violence qui risquerait d'ali�ner les gens ordinaires et la communaut� internationale. A cela s'ajoutent des tactiques op�rationnelles pour savoir surmonter sa peur face � la police, cr�er des slogans courts et percutants (qui seront d'ailleurs utilis� lors des soul�vements en Ukraine et en G�orgie), pr�parer des gr�ves, user de la d�rision pour discr�diter le pouvoir, organiser des concerts pour r�unir les gens. Pour attirer les personnes �g�es (votant le plus souvent pour Milosevic), Otpor soutient les revendications des retrait�s et fait front commun avec les partis d'opposition. Des fleurs sont offertes aux soldats et � la police lors des manifestations. Le but du groupe est de convoquer des �lections libres et �quitables. La strat�gie d'Otpor est tr�s offensive et s'attaque aux piliers du pouvoir en les divisant par tous les moyens non violents possibles.
Il est � noter qu'Otpor est parrain� par l'ambassadeur am�ricain � Belgrade Richard Miles qui sera affect� ensuite en G�orgie pour coacher Saakachvili avant sa prise du pouvoir. Ce combat asym�trique parvient pourtant � �roder le pouvoir et rallie � sa cause de nombreux citoyens �puis�s et appauvris par des ann�es de privation. De plus, les Am�ricains font miroiter une consid�rable aide �conomique pour remettre le pays � flot en cas de changement politique. La grande force des Am�ricains est leur ma�trise du soft power. En effet, ils utilisent un contre pouvoir issu de la soci�t� civile serbe qui servira leur cause au lieu de tenter d'imposer leurs vues par la force Le changement politique n'en sera que plus facilement accept� puisqu'il provient des Serbes et non pas de l'ext�rieur; il s'agit du choix l�gitime de la population.

La r�volution d?octobre

En juillet 2000, le pr�sident Milosevic d�cide de convoquer des �lections pour sa r��lection au poste de Pr�sident de la Yougoslavie, s�r de l'emporter, il compte ainsi asseoir son pouvoir par les urnes. Convaincu qu'il y a fraude par un d�compte parall�le avec l'appui de l'OSCE et d'ONGs, l'opposition organise des manifestations qui mobilisent des centaines de milliers de personnes dans tout le pays. On retrouve exactement cela en G�orgie et en Ukraine avec chaque fois des organismes internationaux et des ONGs (aux financements am�ricains comme l'Open Society Institute ou la Freedom House) cens�s �tre impartiaux lors du d�compte des bulletins de vote.
L'assaut du Parlement, le 5 octobre 2000, provoque l'effondrement du r�gime. Malgr� des �chauffour�es avec la police, cette derni�re et l?arm�e restent inactives face � l?ampleur du soul�vement populaire. Des manifestants de toute la Serbie participent au renversement du pouvoir en prenant d?assaut les t�l�visions fid�les au r�gime. Les piliers du pouvoir sont ma�tris�s. Cependant, le combat non violent poss�de ses limites car c'est finalement un acte violent qui renverse M. Milosevic. Ce mod�le de r�volution "de velours" sera repris en G�orgie et en Ukraine avec succ�s. Ce seront les membres d'Otpor eux-m�mes qui dispenseront les s�minaires d'initiation aux techniques non violentes. Ces r�volutions sont encadr�es par les Am�ricains qui financent l'opposition et les m�dias. On observe clairement les similitudes dans les m�thodes utilis�es pour en faire de v�ritables mouvements spontan�s populaires. Par exemple, la t�l�vision Roustavi-2, la plus populaire de G�orgie, diffuse plusieurs fois un documentaire sur la chute de Milosevic, alors que M. Chevardnadze est encore au pouvoir. On voit alors appara�tre les m�mes symboles utilis�s par Otpor parmi l'opposition g�orgienne. Les esprits sont pr�par�s.

L?extension des r�volution dans l?ancien bloc sovi�tique

Ces r�volutions sont � l'oeuvre dans bon nombre de pays d'Asie centrale. Les membres d'Otpor qui, d�sormais, sont r�mun�r�s pour leurs services en conseils pour r�volution non violente re�oivent des appels d'immigr�s cubains, du Venezuela et du Liban. Il reste � savoir si ce mod�le subversif est exportable partout. Aleksandar Maric, activiste d'Otpor, pense que cette m�thode ne peut r�ussir que dans des "dictatures souples" c'est � dire avec suffisamment d'espace pour l'existence d'un petite opposition (et donc, de m�dias ind�pendants), c'est pour cela qu'il refuse de travailler � Cuba et que la r�volution a �chou� en Bi�lorussie.
Gr�ce aux r�cents changements politiques en Asie centrale, les Am�ricains avancent leurs pions et renforcent leurs positions aux d�triments des Russes qui peuvent difficilement s'opposer � des r�gimes "d�mocratiques" n�s de r�volutions populaires. Le soft power appara�t comme �tant une arme redoutable dans la strat�gie globale de l'empire am�ricain. Pour l'instant rien ne semble pouvoir la contrer.

Grande sensibilit� autour du th�me de la ?guerre �conomique? dans le monde germanique

Grande sensibilit� autour du th�me de la ?guerre �conomique? dans le monde germanique

Nul n?est proph�te en son pays. L'interv�ew que Christian Harbulot a donn� mardi au journal ?Le Parisien? a �t� remarqu�e dans le monde germanophone. Pas moins de 50 medias diff�rents, dont les plus importants comme ?Handelsblatt?, ?Spiegel?, ?Focus?, ?Manager Magazin?, ?Die Welt?, ?Suddeutsche? et autre, l'ont repris et en t�moignent ainsi de l'importance du sujet. Ces publications accr�ditent � la fois le th�me de la ?guerre �conomique?, �tudi�e au sein de l'Ecole de Guerre Economique � Paris. Cette couverture des m�dias allemands n?est pas anodine.

Elle traduit �galement de l'autre cot� du Rhin une interrogation d�j� ancienne formul�e notamment dans l?ouvrage de r�f�rence d?Herzog, Le plan de guerre commerciale de l?Allemagne, publi� en 1914 et traduit en France en 1919 par le secr�taire de la Chambre de commerce de Lyon, M. Antoine de Tarl�. Selon les termes de ce d�bat, les �changes de court terme du march� sont parfois antagoniques avec les int�r�ts de long terme de la puissance. La r�ussite commerciale fond�e sur la d�localisation des centres de production peut m�me contribuer � affaiblir les bases fondamentales de la puissance. Rappelons pour illustrer ce d�bat le cas des Etats-Unis au d�but des ann�es 80 dans le domaine des semi conducteurs. Le Pentagone dut recadrer le comportement des industriels am�ricains qui d�localisaient leurs production dans une logique essentiellement ax�e sur le business. Les militaires am�ricains leur rappel�rent alors qu?ils risquaient de faire perdre aux Etats-Unis la ma�trise de certaines technologies critiques de la D�fense am�ricaine. Dans la foul�e de ce recadrage, les entreprises de la Sillicon Valley se mirent � breveter l?ensemble de leurs inventions. Par manque de r�flexion sur les probl�matiques g�o�conomiques de puissance, les pays europ�ens ne prirent pas en consid�ration ce ph�nom�ne malgr� la r�daction de rapports d?alerte de certains fonctionnaires. Aujourd?hui, les Am�ricains ont une telle avance dans le brevet logiciel que nous sommes dans un rapport fortement d�favorable, d?o� le d�bat strat�gique autour de la notion de logiciel libre. Si les normes et les brevets prot�gent pour l?instant la technologie d?Airbus et de Boeing dans le domaine de l?avionique, ces protections l�gales ne garantissent pas la s�curit� globale du d�veloppement de l?Occident dans une comp�tition de plus en plus exacerb�e.

Voici comme le sujet a �t� repris en Allemagne par les m�dias :

Les cha�nes de t�l�vision:
? N24 (http://www.n24.de)
? RTL

Les journaux imprim�s:
? Spiegel Online : http://www.spiegel.de
? Focus Online : focus.msn.de
? Manager Magazin : http://www.manager-magazin.de
? Handelsblatt : http://www.handelsblatt.com
? Merkur Online : http://www.merkur-online.de
? Die Welt : http://www.welt.de
? sueddeutsche.de : http://www.sueddeutsche.de
? Mitteldeutsche Zeitung : http://www.mz-web.de
? derStandard : http://www.derStandard.de
? Wiener Zeitung : http://www.wienerzeitung.at
? Basler Zeitung : http://www.baz.ch
? Saarbr�cker Zeitung : http://www.sol.de
? Donaukurier : http://www.donaukurier.de
? Aichacher Nachrichten : http://www.aichacher-nachrichten.de
? Harburger : http://www.han-online.de
? Augsburger Allgemeine : http://www.augsburger-allgemeine.de
? L�becker Nachrichten : http://www.ln-online.de
? Schwabm�nchner Allgemeine : http://www.schwabmuenchner-allgemeine.de
? Neu-Ulmer Zeitung : http://www.nuz.de
? Passauer Neue Presse : http://www.pnp.de
? M�rkische Allgemeine : http://www.maerkischeallgemeine.de
? Neue OZ Online : http://www.neue-oz.de
? Schw�bische Zeitung : http://www.szon.de
? Hamburger Morgenpost : http://www.mopo.de
? Aachener Zeitung : http://www.aachener-zeitung.de
? Reutlinger General-Anzeiger : http://www.gea.de
? Oberbayerisches Volksblatt : http://www.ovb-online.de
? N�rtinger Zeitung : http://www.ntz.de
? Leipziger Volkszeitung : http://www.lvz-online.de
? Volksstimme : http://www.volksstimme.de
? Lausitzer Rundschau : http://www.lr-online.de
? Wertheimer Zeitung : http://www.main-netz.de
? Th�ringer Allgemeine : http://www.thueringer-allgemeine.de
? Iserlohner Kreisanzeiger : http://www.ikz-online.de
? Main Taunus Kurier : http://www.main-rheiner.de
? Ostth�ringer Zeitung : http://www.otz.de
? Th�ringische Landeszeitung : http://www.tlz.de
? Offenbach Post : http://www.op-online.de
? Westfalenpost : http://www.westfalenpost.de
? Fr�nkischer Tag : http://www.fraenkischer-tag.de
? Westdeutsche Allgemeine : http://www.waz.de
? Oberhessische Presse : http://www.op-marburg.de
? Krefelder Zeitung : http://www.wz-newsline.de
?

Les m�dias virtuels:
? FinanzNachrichten.de : http://www.finanznachrichten.de
? news.de : http://www.news.de
? GMX : http://www.gmx.net
? WEB.de : http://www.web.de
? freenet.de : http://www.freenet.de

La � guerre de l?information du mouvement � des stagiaires

La � guerre de l?information du mouvement � des stagiaires

Le sujet n?est pas vraiment une d�couverte mais il fait la une de tous les m�dias : presse, radio, t�l�vision? La nouveaut� c?est que les stagiaires se rebellent et sont en gr�ve durant tout le mois de novembre avec en point d?orgue une journ�e de gr�ve g�n�rale le jeudi 24 novembre. D�non�ant le probl�me des stages abusifs en entreprise, un collectif baptis� G�n�ration Pr�caire coordonne les actions plut�t festives (pour ne pas dire d�cal�es) et les revendications dans l?objectif de faire r�former le statut de stagiaire.

Une situation de crise concernant les stages en France

D?apr�s le Conseil Economique et Social, pr�s d?un �tudiant sur deux - soit environ 800 000 - effectue au minimum un stage au cours de leur scolarit�. De son c�t�, l?APEC estime que 90% des dipl�m�s de niveau bac + 4 et plus ont effectu� au moins un stage au cours de leurs �tudes, 50% en ayant effectu� trois ou plus. Con�us � l?origine comme une ouverture du monde universitaire au monde professionnel, les stages ont acquis une importance d�cisive dans l?insertion professionnelle. Dans un contexte de ch�mage massif des jeunes dipl�m�s (16,3% chez les 18-30 ans), les stages ne constituent plus un � tremplin pour l?emploi � mais tendent � enfermer les jeunes actifs dans la pr�carit�.

La multiplication des stages pour les �tudiants et l?allongement r�gulier de la dur�e des �tudes ont fourni aux entreprises, administrations et associations une quantit� croissante de stagiaires. Confront�es � une conjoncture �conomique difficile, les employeurs ont peu � peu appris � utiliser cette main d??uvre dont la r�mun�ration n?est pas obligatoire. Le � contrat moral � initial du stage, outil � gagnant-gagnant �, mi-p�dagogique, mi-professionnel, s?est peu � peu perdu. Il est aujourd?hui fr�quent que les stagiaires occupent de v�ritables postes de travail, sans aucune dimension p�dagogique. Plus grave, des stagiaires se succ�dent parfois ind�finiment sur un m�me poste rempla�ant ainsi un salari� permanent. De leur c�t�, les organismes de formation (�coles et universit�s) n?assurent pas non plus toujours correctement le suivi des stagiaires pour diverses raisons (trop d?�tudiants par enseignant, inscription alibi � la facult� afin d?obtenir une convention et de conserver le statut d?�tudiant, ?).

Une politique de communication originale port�e et amplifi�e par Internet

Lanc� d?abord via des discussions sur des forums en ao�t puis sur un weblog en septembre, un r�seau de stagiaires en r�volte diffusant leur t�moignage s?est mont� et a donn� naissance � la cr�ation de la coordination G�n�ration Pr�caire qui s?est dot�e en octobre d?un site f�d�rateur de toutes les comp�tences et �nergies acquises � sa cause. L?information s?est alors tr�s vite r�pandue sur Internet notamment par les blogs et a �t� reprise par les m�dias. Inutile d?insister sur le fait que dans la sph�re journalistique, les pigistes et les stagiaires sont l�gions. Jugeant n�cessaire de se sortir du cadre virtuel des blogs et des mails pour se rencontrer, se compter et �changer, les membres du collectif ont lanc� un appel � la gr�ve g�n�rale des stages. Il y a d?abord eu la participation � la manifestation unitaire des syndicats le 4 octobre, puis des r�unions de travail et d?information, la manifestation un peu loufoque du 1er novembre, ?

Parall�lement, une s�rie de mobilisations courtes appel�es � flash-mobs � ont eu lieu sur Paris (tractage aux Halles, � la D�fense et dans des cantines de grandes entreprises, rencontre avec des DRH de grands groupes, par exemple chez Hachette Editions, filiale du groupe Lagard�re dans un secteur r�put� pour ses bataillons de stagiaires et autres contrats pr�caires?).

Forts du retentissement m�diatique que le mouvement G�n�ration Pr�caire a rencontr� au cours de ces deux derniers mois, les membres du collectif ont nou� de multiples contacts en vue de faire avancer leurs propositions de r�forme et aboutir � la cr�ation d?un cadre juridique des stages : rencontre avec les cinq centrales syndicales, rendez-vous avec le MEDEF et la CGPME, participation aux Etats G�n�raux de la Vie Etudiante, entretien avec des d�put�s de toute ob�dience, ?

G�n�ration Pr�caire plaide pour l'inscription du statut du stagiaire (dont la version actuelle date de 1978) dans le Code du travail et l'instauration d'une r�mun�ration minimale, progressive et assujettie aux contributions sociales. La coordination s?est fix� comme objectifs pour le printemps 2006 d?obtenir l?�tablissement d?un bilan sur l?impact �conomique des stagiaires sur le march� du travail (�tude chiffr�e) et faire passer la r�forme du statut des stagiaires avec r�mun�ration obligatoire.

Des premiers r�sultats encourageants

Ces actions ont permis d?informer les salari�s, de susciter le d�bat et pour G�n�ration Pr�caire de constater que le grand public est sensible � la cause des stagiaires. Les Minist�res de l?Education nationale et du Travail d�clarent vouloir ouvrir des consultations sur la question des stages. Le MEDEF s?engage pour sa part � �laborer une � charte de bonne conduite �, pour � responsabiliser � les diff�rents acteurs impliqu�s - l'entreprise, le stagiaire et l'�tablissement d'enseignement. Ce ne sont que des premiers pas des diff�rentes institutions en direction de ce mouvement qui se veut ind�pendant de tout parti et tout syndicat.

Quelques centaines de personnes r�unies sur Paris et des essaimages �galement en province c?est un demi succ�s, gare � l?essoufflement des bonnes volont�s et de l?int�r�t des m�dias ! Pour ne pas laisser retomber la mayonnaise qui a l?air de prendre, il serait me semble-t-il judicieux de continuer � utiliser Internet pour d�noncer les pratiques abusives au moyen par exemple d?un site de notation des entreprises ou organismes stagiophages? C?est en tout cas le conseil que je pourrais donner aux �tudiants des formations en IE, victimes eux aussi de ce syst�me inique. A eux de se f�d�rer et de coordonner !

St�phane MARTIN, cofondateur de M�tis **


NB : une analyse plus approfondie sur la gen�se de ce mouvement et sur la strat�gie Internet mise en oeuvre sera d�crite dans le prochain num�ro de VigIE, la lettre d?information du Master IECS

Site ressource du collectif G�n�ration Pr�caire et sa p�tition en ligne qui d�j� recueillie plus de 10 000 signatures
http://www.generation-precaire.org

Portofolio du 1er novembre, la premi�re gr�ve des stagiaires
http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0,31-713545,0.html

* � arm�e de r�serve de l?entreprise �, expression utilis�e par le quotidien Le Monde pour le titre d?un de ses articles (Le Monde, p. 12, Fr�d�ric Potet, 05/11/2005)
** M�tis, l?association des anciens du Master IECS de l?Icomtec (Universit� de Poitiers - site du Futuroscope)

Le quotidien fran�ais Lib�ration sombre dans le n?importe quoi

Le quotidien fran�ais Lib�ration sombre dans le n?importe quoi

Depuis de longues ann�es, Serge July nous a habitu� � l?affairisme de presse et aux glissements �ditoriaux qui en d�coulent. Il est dommage que certains de ses journalistes suivent un chemin parall�le en singeant une posture morale post soixante-huitarde qui n?amuse plus grand monde. Mais la baisse du nombre de lecteurs, au m�me titre que la crise sociale r�v�l�e par la r�cente gr�ve du personnel, n?est pas une circonstance att�nuante pour tol�rer les d�rapages d�magogiques de ce quotidien. Celui-ci s?est surpass� dans la m�diocrit� r�dactionnelle � travers l?amalgame qu?il vient de pratiquer dans son article titr� Barbouzeries industrielles au bout des canons paru le 1er d�cembre 2005.

En prenant le pr�texte de la sinistre affaire Gomez contre Matra, le journaliste de Lib�ration Renaud Lecadre se l�che en ces termes en parlant de l?intelligence �conomique :
� L'intelligence �conomique a encore recul� d'un cran hier devant le tribunal correctionnel de Paris en charge de l'affaire �Couper les ailes de l'oiseau�. La soci�t� Thomson y est accus�e de tentative d'extorsion de fonds contre le groupe Lagard�re, sur fond de r�glements de comptes entre marchands de canons. De fait, l'intelligence �conomique est la nouvelle appellation de l'espionnage industriel, qu'il soit pratiqu� par des services gouvernementaux ou des officines priv�es, ses praticiens ayant la f�cheuse tendance de passer de l'un � l'autre. �

R�sumer l?intelligence �conomique � ce genre de duel fratricide franco-fran�ais est bien pratique pour les individus qui se contentent de regarder passer les trains. L?avenir de notre pays n?est pas dans les mains de journalistes de ce type. C?est clair mais cela ne leur donne pas le droit de confondre le crachat avec la plume. Les personnes qui se battent pour que les entreprises fran�aises r�sistent � une comp�tition �conomique de plus en plus acharn�e, ne se reconnaissent pas dans ces propos stupides. L?intelligence �conomique collective que nous b�tissons pas � pas depuis 20 ans s?inscrit dans une autre vision du monde. Elle est le fruit de la lutte continue (qui ne se limite pas � trois jours de gr�ve) pour d�fendre les emplois sur ce territoire qu?est la France, de la combativit� informationnelle indispensable au d�veloppement comp�titif de la France et � la pr�servation de son mode de vie, de la lucidit� �vidente sur le fait que nous perdons du terrain face � des pays en recherche de puissance comme la Chine, vis-�-vis de laquelle il est bien vain de croire que aurons toujours deux coups d?avance technologique. La confrontation rampante que vit aujourd?hui le personnel de Lib�ration avec les nouveaux financiers du journal risque peut-�tre un jour, de leur d�montrer � quoi sert l?intelligence �conomique dans un combat pour la survie. Souhaitons-leur que ce la ne soit une d�monstration par l?absurde.

L?�quipe d?Infoguerre

N?avalons pas n?importe quoi ! de Fabiola Flex

N?avalons pas n?importe quoi ! de Fabiola Flex

Nous sommes ce que nous mangeons ! Les consommateurs ont pris conscience que leur sant� d�coulait largement de leur alimentation. Les multinationales de l?agro-alimentaire l?ont aussi bien compris et proposent des gammes de produits r�pondant � ces nouveaux besoins : moins de sucre, moins de gras, moins de cholest�rol, ajout de calcium, de magn�sium? Ces produits de consommation sont-ils cependant l�gitimes pour se substituer aux m�dicaments ?

Est-il en effet n�cessaire de manger des aliments enrichis en calcium, en magn�sium, vitamines C? si notre corps n?est pas en d�ficience ? Les produits sans-sucre sont-ils vraiment sans-sucre ? Un yaourt all�g� est-il meilleur pour notre sant� que son cousin non all�g�, souvent moins cher ? Quelles sont les motivations des multinationales qui transforment progressivement leurs publicit�s en consultations m�dicales ?

� N?avalons pas n?importe quoi ! � est le r�sultat de l?enqu�te men�e par Fabiola Flex sur ces produits, de l?all�g� � l?enrichi en passant par les sans-sucre. L?auteur a collectionn� les pots de yaourts et autres emballages pour les �tudier et en d�cortiquer, avec humour et rigueur, leurs compositions. Pour appuyer son investigation, Fabiola Flex a interview� de nombreux experts de la nutrition et des anciens des multinationales agro-alimentaires.
Ces � aliments sant� �, pour ne pas dire � alicaments �, envahissent les rayons et b�n�ficient des peurs des consommateurs : exc�s de poids pour les femmes, os suffisamment r�sistants pour les jeunes comme pour les plus �g�s, cocktails de vitamines pour les plus jeunes?

Cet ouvrage met � mal de nombreuses id�es re�ues, voire des croyances, sur la plupart de ces � produits sant� �. Nous ne pouvons que recommander la lecture de ce livre qui d�montre, chiffres � l?appui, les rouages de cette industrie.

Aujourd?hui journaliste ind�pendante, Fabiola Flex a auparavant travaill� dans le d�partement marketing de la multinationale Unilever, puis comme journaliste pour les magazines Newbiz et Management.

AVS

N'avalons pas n'importe quoi ! : Comment l'industrie s'engraisse en nous vendant de l'all�g�, de l'enrichi, du sans-sucre, etc.
de Fabiola Flex
Robert Laffont, octobre 2005

Europe, Etats-Unis et Asie dans la bataille de la t�l�phonie mobile

Europe, Etats-Unis et Asie dans la bataille de la t�l�phonie mobile

Parmi les priorit�s strat�giques fix�es par Bill Clinton en 1997, la domination des Etats-Unis dans le domaine des t�l�communications est certainement une de celles dont on aura le plus parl�. Toutefois, la pr�dominance de l?industrie et des instances de normalisation am�ricaines dans le d�veloppement et la ma�trise de l?Internet cache un r�el retard sur tout le pan pr�cis mais capital, des t�l�communications mobiles.
Avec plus d?un milliard d?utilisateurs (80% du march� mondial), la t�l�phonie GSM a en effet consacr� le succ�s international d?une norme europ�enne, depuis mondialement diffus�e, qui a port� le d�veloppement �conomique de nombreux industriels europ�ens et, par voie de cons�quence, soutenu la croissance de ces pays.
L?explosion du march� asiatique d?une part, la g�n�ralisation des standards Internet pouss�s par la puissance am�ricaine d?autre part, viennent aujourd?hui remettre en cause les positions acquises.

Les origines du retard am�ricain

Le parti des Etats-Unis de � laisser choisir le march� � a eu pour cons�quence de ralentir le d�veloppement de la t�l�phonie mobile dans ce pays (1). Celle-ci est rest�e longtemps co�teuse, de m�diocre qualit� du fait de l?utilisation de r�seaux analogiques d?ailleurs piratables, et pas toujours accessible du fait de la g�ographie du pays : les vastes �tendues peu peupl�es ne sont pas couvertes (pour des raisons de rentabilit�), le c?ur des villes est au contraire satur�, les tours de bureaux �tant de plus particuli�rement difficiles � couvrir, enfin le march� a longtemps �t� �clat� entre une multitude d?op�rateurs locaux.
Au plan priv�, on est encore loin au Etats-Unis du concept de � t�l�phonie personnelle � : � titre d?illustration, les cabines t�l�phoniques publiques mettent du temps � dispara�tre des rues de Manhattan et de ses stations de m�tro !
En ce qui concerne l?utilisation professionnelle de la t�l�phonie, il faut sans doute prendre en compte le fait que la culture juridique des Etats-Unis favorise la � trace �crite � qui vaut preuve, alors que la partie latine de l?Europe en est encore � une culture tr�s orale des relations d?affaires ; d?o� l?explosion � l?inverse des � pagers � �volu�s du type � BlackBerry �.

Les enjeux du d�veloppement de la t�l�phonie mobile au XXI�me si�cle

Alors que s?engage la bataille du � second milliard �, les positions europ�ennes sont particuli�rement menac�es ; le d�veloppement de la t�l�phonie mobile � de base � ne peut se faire que par une r�duction draconienne des co�ts : les pays qui restent faiblement �quip�s en mobiles sont en effet des pays moyennement ou peu d�velopp�s, � faible pouvoir d?achat, mais o� la demande est criante, ne serait-ce qu?en raison d?infrastructures fixes d�ficientes, voire inexistantes.
L?industrie europ�enne tente de � limiter les d�g�ts � ; d?une par en d�localisant la production et en regroupant les acteurs ; d?autre part en misant sur une �volution du concept de t�l�phonie personnelle au travers du multim�dia mobile et des r�seaux dit � 3G � appuy�s sur la norme UMTS. Une bataille au corps � corps avec l?industrie asiatique engag�e dans le m�me combat.
Pour leur part, les Etats-Unis ont choisi de ne pas s?engager dans cette bataille (2), conscients de ne pouvoir ni lutter sur la t�l�phonie mobile basique, dont les co�ts seront fatalement tir�s vers le bas, ni concurrencer l?avance technologique du Japon ou de la Cor�e du Sud sur le multim�dia mobile.
La strat�gie des Etats-Unis va donc consister � changer le paradigme actuel, en capitalisant sur leurs forces, c?est-�-dire la ma�trise des technologies de l?Internet : il ne s?agira pas de faire �voluer les r�seaux voix mobiles vers le multim�dia mobile, mais de rendre mobile le r�seau Internet tout en lui faisant supporter la voix.

La t�l�phonie sur Internet, axe de d�veloppement strat�gique des Etats-Unis

Utiliser un r�seau Internet pour transporter de la voix ne constitue pas une v�ritable r�volution technologique. Num�ris�e, la voix est une donn�e � presque � comme les autres qui exige en revanche un tr�s bon niveau de qualit� de service (d�bit, taux de perte, taux d?erreur ?) de mani�re � permettre une conversation entre deux interlocuteurs ; en effet, si on peut se permettre qu?un e-mail mette quelques secondes pour atteindre son destinataire du fait de l?encombrement du r�seau, une telle situation n?est pas envisageable pour soutenir une conversation vocale.
Pendant longtemps, la bande passante disponible sur les r�seaux a �t� insuffisante pour une utilisation de ce type ; le d�veloppement de l?ADSL chez les particuliers ou dans les PME, des fibres optiques pour les autres r�seaux, permettent de disposer des ressources suffisantes pour la � t�l�phonie sur IP � (3).
Avec des logiciels comme Skype (rachet� r�cemment par Ebay), tout consommateur peut dor�navant utiliser son ordinateur pour t�l�phoner quasi gratuitement.
Reste le probl�me de la mobilit�.

Op�ration WiFi

Con�ue il y a d�j� une vingtaine d?ann�es, la norme WiFi a �t� initialement pr�vue pour permettre � des ordinateurs de bureau de se connecter sans fil � un r�seau local ; pens�e pour une utilisation en espace clos, plut�t en compl�ment d?une infrastructure existante, c?est une technologie simple et robuste mais qui ignore beaucoup d?aspects importants : s�curit� des �changes, partage de la bande passante, interf�rences entre utilisateurs, consommation �lectrique excessive, itin�rance d?une borne WiFi � l?autre sans perte de connexion?
Mais le WiFi, � la norme 802.11b, c?est aussi un d�bit de 11 Mb/s, quand les r�seaux sans fil inspir�s du GSM ne proposent encore que 40 kb/s (nous sommes au d�but de l?ann�e 2001). De quoi faire r�ver alors que la course au d�bit s?intensifie dans l?ADSL.
Malgr� ces d�fauts, cette technologie va faire l?objet, � partir de la mi-2001, d?une offensive informationnelle sans pr�c�dent, tendant � d�montrer qu?elle est toute indiqu�e pour des r�seaux publics d?acc�s Internet. R�dactionnel dans les revues sp�cialis�es, �vang�lisation des donneurs d?ordre ou des politiques (4), diffusion d?�tudes marketing outrageusement optimistes (5), s�ances de travail sur les business models avec les op�rateurs t�l�phoniques? tous les acteurs am�ricains de la cha�ne de la valeur sont mis � contribution. Pendant des mois, le monde de l?informatique et des t�l�coms ne va plus entendre parler que des hot spots, ces lieux publics o� l?on pourra se connecter en haut d�bit, presque partout et pour presque rien.
On notera au passage que la technologie WiFi est miraculeusement �pargn�e par le d�bat quasi hyst�rique sur la nocivit� des installations GSM et de l?utilisation des t�l�phones portables. De quoi s?interroger sur l?origine de ces rumeurs.
L?offensive atteint son apog�e avec l?entr�e en sc�ne d?Intel. Le fondeur a mis au point l?architecture Centrino, sp�cialement �tudi�e pour faciliter la connexion WiFi et optimiser la consommation �lectrique ; il a convaincu les principaux constructeurs informatiques, lesquels proposent tous Centrino sur leurs nouveaux mod�les ; il d�veloppe avec ceux-ci une communication publicitaire commune type Intel Inside. Bref, une fois encore � les loups chassent en meute �.
Plus fort encore, d�clarant � qu?on ne peut pas vendre de Ferrari quand il n?y a pas d?autoroutes � (6), Intel finance le d�ploiement des premiers op�rateurs publics WiFi : une multitude de petits acteurs voient ainsi le jour (7), une �closion facilit� par le fait que l?acc�s aux fr�quences est gratuit, contrairement � celles de l?UMTS qui fait l?objet de redevances astronomiques.
En amor�ant ainsi la pompe, Intel cr�� l?illusion d?un march� du hot spot public qui, � d�faut de se concr�tiser par la suite, contribue � d�stabiliser celui des technologies europ�ennes en cours de d�ploiement.
D�j� naturellement frileuses dans un contexte �conomique tendu, les entreprises utilisatrices h�sitent en effet � s?engager ; quant aux � grands � op�rateurs, ils doivent un temps reconsid�rer leur strat�gie.

L?affaire fera long feu, le WiFi �tant totalement inadapt�e � la couverture d?espaces ext�rieurs. N�anmoins, en espace clos, il reste un concurrent s�rieux de la t�l�phonie mobile : 40% des appels sont effectivement pass�s � l?int�rieur du domicile. C?est insuffisant pour remplacer le GSM, mais suffisant pour alt�rer son �quilibre �conomique.
Bien que ce march� n?ait d�coll� ni en Europe ni aux Etats-Unis (8), l?industrie am�ricaine revient aujourd?hui � la charge avec de nouvelles solutions miracles (WiMax ou �volutions de la norme WiFi), sens�es r�soudre tous les probl�mes rencontr�s jusqu?� lors.
Mais la plus belle r�ussite des Etats-Unis sera d?avoir r�ussi � convaincre la communaut� scientifique internationale de travailler � l?am�lioration de la norme WiFi (9), la norme europ�enne directement concurrente HiperLAN2 �tant par ailleurs abandonn�e.

Quelle strat�gie de puissance pour l?Union Europ�enne ?

Comme nous l?avons vu, la partie n?est pas encore gagn�e par les diff�rents protagonistes, la question majeure �tant : l?UE a-t-elle compris qu?elle �tait un protagoniste ?
Sur ce point, on ne sera pas surpris que la volont� de puissance europ�enne ne soit pas au rendez-vous : t�moin le rapport commandit� � IPTS par le Joint Research Center de la Commission Europ�enne. Page 52, nous d�couvrons le sc�nario d?�volution dit � constant change �, consid�r� le plus r�aliste (page 60) : le territoire europ�en y est d�crit comme un champ de bataille entre les technologies issues de l?industrie am�ricaine (�volution du WiMax) et celles venues d?Asie (4G). Au passage, le rapport mentionne avec fatalisme le risque de contestation des op�rateurs 3G, porteurs d?investissements lourds non rentabilis�s et de redevances astronomiques non amorties (10) !
Technologiquement pourtant, les recherches se poursuivent dans le sens d?une am�lioration significative des d�bits : disponible d�s 2006, l?�volution HSPDA de l?UMTS permet de disposer de 2 Mb par terminal ce qui est amplement suffisant compte tenu des besoins actuels.
Certes, la partie n?est pas gagn�e pour l?Europe, en affrontement direct avec l?Asie. La concurrence des Etats-Unis est en revanche beaucoup plus fragile d�s lors que l?Union Europ�enne accepte d?assumer son r�le :
- En instituant des redevances �quilibr�es sur les fr�quences WiFi et WiMax au lieu de laisser ces technologies libres de droit, ce qui constitue une concurrence d�loyale
- En bloquant la lib�ration de nouvelles bandes de fr�quences (11) au profit du WiFi ou du WiMax, bandes sur lesquelles ces normes sont techniquement plus comp�titives, mais qui pourraient tout aussi bien �tre r�serv�es � des technologies europ�ennes en devenir (HiperLAN2)
- En ne laissant pas s?installer un d�bat sur la nocivit� des installations sans fil sans veiller � ce que la d�marche soit agnostique vis-�-vis des technologies en cause,
- En mettant en avant les imp�ratifs de s�curit� collective : il est tout de m�me paradoxal, compte tenu des �v�nements du 11 septembre, que les Etats-Unis puissent pousser une technologie qui ne permettent pas la mise en place d?�coutes l�gales (une obligation pour les op�rateurs GSM), sauf � � �couter tout le monde � (cf. Echelon), d�marche en contradiction avec les imp�ratifs de secret de la correspondance priv�e (12).
- Tout aussi contradictoire, le 911 Act (26 octobre 1999) exige qu?� partir d?octobre 2001, les t�l�phones cellulaires transmettent des donn�es de localisation aux services d?urgence, une date r�guli�rement repouss�e � la demande des op�rateurs. En toute logique, l?obligation devrait �tre �tendue aux services de communication bas�s sur le WiFi ou le WiMax, beaucoup bien moins bien positionn�s pour r�pondre � de telles exigences.
A noter que tout brevet dans l?un ou l?autre des deux domaines pr�c�dents accorderait un avantage strat�gique � la puissance qui le d�tiendrait.

Sur le papier, l?Europe est donc tout � fait en mesure de ma�triser les man?uvres am�ricaines pour se concentrer sur sa comp�titivit� face � l?Asie : les comp�tences technologiques existent mais ne sont pas clairement mobilis�es dans une direction unique et conforme aux int�r�ts europ�ens ; les industriels europ�ens sont oblig�s de disperser leurs R&D entre les diff�rentes technologies en concurrence alors qu?il serait plus efficace qu?ils puissent se concentrer � � coup s�r � sur une technologie europ�enne ; quant aux op�rateurs, ils restent dans une attente prudente.
Tous les pupitres sont l�, la partition ne demande qu?� �tre jou�e. Mais il manque un chef d?orchestre.

Jean Michel Pennetier
EGE promo 2006


1. A mi-2001, malgr� un doublement par rapport � 1998, le taux de p�n�tration aux Etats-Unis �tait de 36% alors qu?il d�passait les 63% en Europe de l?Ouest (base 15 pays) et 55% en France
2. Sur leur march� local, les Etats-Unis se contentent d?ailleurs d?�volutions prudentes vers la data mobile (r�seaux dit � 2,5 G �) sans toucher aux technologies plus co�teuses comme l?UMTS.
3. Voir en annexe notre note � Le march� professionnel de la voix sur IP : un exemple d?alliance strat�gique Etats-Unis / Europe �
4. Dans son enthousiasme, un d�put� fran�ais ira m�me jusqu?� d�clarer qu?avec le WiFi (11 Mbits), on n?avait plus besoin d?ADSL (1 Mbit au mieux � l?�poque) ; celui-ci n?avait pas int�gr� � sa r�flexion que les bornes WiFi sont elles-m�mes raccord�es � Internet, le plus souvent en ADSL, le d�bit maximal �tant par cons�quent le d�bit le plus faible de la cha�ne.
5. Certaines �tudes pr�voient alors plus de 10.000 hot spots publics en France en 2005 : il n?y en a pas le quart aujourd?hui.
6. Ce � quoi on pourra r�torquer que Ferrari n?a jamais financ� d?autoroutes, si ce n?est de mani�re tr�s indirecte par les PV pour exc�s de vitesse de ses clients
7. All Telecom, Meteor Networks, Naxos, Visacom, Wifirst ? Une bonne partie de ces op�rateurs se contente d?ailleurs de pr�empter des lieux de chalandise strat�giques dans l?espoir d?�tre rachet�s ult�rieurement au prix fort par les op�rateurs traditionnels ; ils en seront malheureusement pour leurs frais
8. Les op�rateurs mobiles qui disposent aussi d?une infrastructure fixe contribuent � calmer le jeu afin d?�viter la cannibalisation de leur client�le.
A noter �galement que l?industrie am�ricaine va r�cup�rer sa mise de mani�re impr�vue sur le march� priv� (5% des internautes fran�ais �quip�s WiFi � fin 2004), le consommateur �tant s�duit par la praticit� de l?installation WiFi qui permet de connecter plusieurs ordinateurs sur un m�me lien ADSL, de connecter entre eux imprimante, scanner, bref de se constituer un petit r�seau local sans y conna�tre quoique ce soit et sans d�figurer son appartement avec un c�blage anarchique.
9. Voir en annexe la road map normative du WiFi telle qu?on la pr�sentait en 2001
10. ?Guerrilla? markets arise, as an outgrowth from opportunistic investments in parallel technologies to 3G and 2G mobile. New entrants appear, starting with VoIPover WiFi, combined with early unlicensed spectrum for long distance WiFi (...). WiFi networks spead in an ad hoc pattern accross the USA, Asia and into Europe. Wmax pushes in fast behind, to interconnect and finally replace WiFi (...). A complete 4G mobile system (...) appears from Asia (...). 4G grows fast (increasingly so after 2010).
11. Sans trop rentrer dans les d�tails techniques, la norme WiFi 802.11a qui s?appuie sur une bande de fr�quence actuellement r�serv�e en Europe permet de doubler les d�bits par rapport � la norme 802.11b actuellement d�ploy�e ; de plus, le nombre de canaux est beaucoup plus important et permettrait d?envisager de vrais r�seaux cellulaires. Quant au WiMax, les �tudes d?Alcatel ont d�montr� qu?il n?�tait comp�titif vis-�-vis de l?ADSL que dans la bande /// actuellement r�serv�e.
12. Il faut donc se f�liciter de l?initiative du minist�re de l'Education nationale, de l?enseignement sup�rieur et de la recherche d?avoir suivi tr�s rapidement les recommandations de Bernard Vors, Haut Fonctionnaire de D�fense aupr�s du minist�re, charg� entre autres, de la s�curit� des syst�mes d'information aupr�s de cette administration, visant � proscrire l?usage de Skype dans l'enseignement sup�rieur et la recherche


TELEPHONIE FIXE SUR PROTOCOLE INTERNET : UN EXEMPLE DE CONVERGENCE D?INTERET EUROPE / Etats-Unis

La t�l�phonie fixe sur protocole Internet est la nouvelle r�volution de la t�l�phonie fixe en entreprise. Cens�e apporter de nouveaux services aux utilisateurs (globalement, toutes les ressources d?une messagerie type Outlook de Microsoft, mais appliqu�es � la voix), cette technologie faciliterait le travail collaboratif par une int�gration plus pouss�e de l?informatique et de la voix.
Les �tudes annoncent un march� global de 10md$ en 2005, en augmentation de 70$ par rapport � l?ann�e 2004 et, toujours tr�s optimistes, �valuent � 40% le nombre d?installations qui devraient basculer sous IP en 2008, la France �tant dans le peloton de t�te europ�ens aux c�t�s du Royaume Unis et des pays nordiques.

Une conf�rence � l?EBG (Electronic Business Group), en juin 2005, a permis de faire le tour de la r�alit� des usages apr�s retour d?exp�rience des utilisateurs. Participaient � cette conf�rence :
- Philippe van Haecke, DSI d?Auchan, qui a pass� ses 160 sites en VoIP � l?occasion du remplacement de ses autocoms, a d�clar� que le retour sur investissement n?avait rien d?�vident, et que la technologie permettait surtout d?avoir une gestion centralis�e par la DSI de l?ensemble des 32.000 postes t�l�phoniques, � l?identique de la gestion du parc informatique. Interrog� sur les nouveaux services, il a r�pondu qu?on �tait content de pouvoir toujours t�l�phoner !
- Laurent Allard, DG d?Axa Technology Services, prestataire interne d?Axa, a confirm� que le ROI �tait effectivement difficile � d�fendre, malgr� des quantit�s importantes (100.000 collaborateurs dans 14 pays), d?autant que la concurrence joue peu car les diff�rents fournisseurs ne sont pas compatibles entre eux. Il a ajout� que le business model n?�tait pas tr�s clair et qu?on avait du mal � comprendre l?organisation de la cha�ne de la valeur (fournisseurs, int�grateurs, op�rateurs)
- Jean-Louis Fournioux, directeur g�n�ral de l?activit� entreprise d?Alcatel, tr�s int�ress� � l?affaire, a pr�cis� qu?il n?y avait plus � ce jour d?appel d?offres grands comptes sans VoIP et que celle-ci �tait retenue dans 50% des cas. Il a surtout confirm� que le remplacement des autocoms n?�tait plus dor�navant dans les budgets des Services G�n�raux de l?entreprise, mais int�gr�s au sch�ma directeur de la DSI. Confirmant que le ROI sur la seule installation t�l�phonique ne se justifiait pas, il a mis en avant des gisements de productivit� � venir, li�s � l?int�gration t�l�phonie / informatique
- Pour J�r�me Salun, directeur marketing de Completel, l?IP est pour l?op�rateur une facilit� de collecte des appels et, pour le client, l?avantage d?un interlocuteur unique pour la voix et la donn�e.
En r�sumant de mani�re un peu provocatrice, nous pouvons donc dire que les installations restent ch�res et que la non standardisation limite la concurrence : une fois qu?on a d�marr� avec un op�rateur, il n?y a plus de n�gociation possible au fil des diverses extensions. Les utilisateurs peinent � imaginer les � services miraculeux � qui leur permettront de g�n�rer les gains de productivit� sens�s justifier le ROI de l?installation en IP et on est content quand �a marche !
Pourtant, ces clients c�dent apparemment sans trop lutter aux avances de leurs fournisseurs traditionnels (l?am�ricain Avaya, le fran�ais Alcatel et l?allemand Siemens repr�sentent � eux trois la moiti� du march� europ�en). Pour ceux-ci, l?innovation que repr�sente la VoIP est le seul moyen de conserver leurs parts de march� face � l?arriv�e des � low-cost � asiatiques sur le march� des autocoms traditionnels.
C�t� client, la VoIP justifie le regroupement de l'ensemble de la probl�matique de communication et d'information sous une m�me entit�, la DSI, quitte � anticiper sur les b�n�fices � venir.

Ce qui d�montre qu?europ�ens et am�ricains sont aussi capables de faire cause commune contre les asiatiques.