Blog Infoguerre

8.7.04

Electrabel / Suez : espionnage ?

GUERRECO.COM

Cette opération de renseignement sous les traits d'un audit de «sécurisation informatique» a été décidée au plus haut niveau du groupe français suite à des soupçons sérieux de fuites d'informations dans le cadre d'un projet de raid hostile du groupe espagnol Iberdrola sur une filiale de Suez : Electrabel.
Sollicité par Patrick Ouart, c'est Olivier Foll, ancien directeur de la police judiciaire de Paris reconverti dans les enquêtes et la sécurité depuis 1998 (o'foll consultants), qui a fourni les prestataires informatiques.

Le 19 février au soir, Jean-Pierre Hansen, muni de son badge, ouvre les portes d'Electrabel à trois spécialistes (dont Richard Guillet ancien opérationnel au sein de la DGSE, actuellement gérant de la société ICS et 2 informaticiens ) qu'il n'avait jamais vus auparavant. Le lendemain ou quelques jours après, le service informatique d'Electrabel détecte qu'une intrusion a été commise et qu'un logiciel espion a été placé sur le PC du responsable des relations investisseurs. La police belge est avertie. Le juge d'instruction Lutgen est désigné pour l'enquête et ordonne en Avril une perquisition aux domiciles de M.Foll,Ouart et Guillet.

Car vers la mi-mars était survenu un autre événement troublant: le bureau du même responsable vis-à-vis des investisseurs fait l'objet d'une effraction, son PC et du même coup le disque dur sont détruits. Peu après, trois cadres d'Electrabel, dont un membre de la direction générale, apprennent des enquêteurs que leur PC a aussi été visité. Lors d'un conseil d'administration d'Electrabel qui a eu lieu fin Avril, Jean-Pierre Hansen a, semble-t-il, reconnu que le travail des sous-traitants n'avait pas été bien fait. Mais le conseil ne s'est pas longuement penché sur la question, seul un administrateur indépendant ayant posé un peu plus de questions, notamment sur le dommage que cela pouvait causer à Electrabel.

Reste donc beaucoup de questions en suspens : comment se fait-il que ce travail de «sécurisation» a été mal fait (le système informatique d'Electrabel est en train d'être mieux sécurisé) ? Pourquoi une effraction quelques semaines plus tard? Et qui aurait pu la faire? Quelle est la "légitimité juridique" de JP Hansen a commander un test d'intrusion ? Qu'y a-t-il dans la disquette fournie par la société informatique à la justice belge (et dont Jean-Pierre Hansen n'a pas connaissance) ?

Seul un élément semble être sûr à l'heure actuelle: le projet d'un raid d'Iberdrola sur Electrabel, ne serait plus d'actualité.

Par contre cela fait plusieurs mois que des rumeurs circulent sur un possible rachat par Suez.Une hypothèse viable...

En Avril dernier lors de l'assemblée, certains actionnaires ont exprimé leur mécontentement face à la performance du groupe.Mais si Suez acquérait Electrabel qui affiche une trésorerie de 5,396 milliards d'euros, largement supérieure à un endettement de l'ordre de 4 milliards d'euros (dans le cadre d'un échange d'actions 50 cash/50 actions). Elle mettrait en outre la main sur une entreprise rentable (le résultat net s'est élevé à un peu plus d'un milliard l'année dernière), pourrait faire remonter vers la maison-mère et contenter les administrateurs (rémunération bonus) et actionnaires.

D'ailleurs la libéralisation des marchés permettant aux professionnels de choisir librement leur fournisseurs intervenant au 1er Juillet 2004 et le souhait de Suez de commercialiser en France son offre dans l'électricité et le gaz sous la marque "Electrabel, groupe Suez" sont peut être des signes avant-coureurs d'un possible rapprochement dans les mois à venir ?

Suez reste en tout cas très discret sur cette affaire et nie toute implication

0 Comments:

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home