Blog Infoguerre

13.7.04

En avant droit dans le mur

Infoguerre.com

L’agression commise vendredi contre contre une jeune femme et son bébé dans le RER par six jeunes gens d’origine maghrebine, sans que les passagers présents dans le wagon ne bougent le petit doigt, illustre bien l’ambiance qui règne dans certaines parties du pays. Dans cette sinistre affaire, il y a deux types de population à réprimer : les auteurs du délit et les spectateurs passifs qui n’ont même pas eu le réflexe élémentaire de tirer la sonnette d’alarme.

En soulignant ces deux aspects du problème, Jean Paul Huchon est un des rares responsables politiques à avoir eu un discours simple et clair sur ce drame hautement symbolique. Saluons-le pour en avoir eu le courage non électoral. Cet acte de lacheté collective présente autant de gravité que l’attaque de nature antisémite. Il ne doit pas rester impuni. Il existe dans le Code Pénal un article sur la non assistance à personne en danger. Pourquoi n’est-il pas appliqué ?
Le premier responsable de cette situation est le pouvoir politique. La déclaration de Jacques Chirac vendredi dernier à Chambon sur Lignon, est, contrairement aux apparences, un acte de faiblesse. Cette déclaration humaniste, construite comme si elle était gagnante sur tous les tableaux, relève plus de la stratégie du paraître que d’une véritable déclaration politique à la hauteur de la situation. C’est bien beau d’appeler les Françaises et les Français à faire preuve à plus de vigilance face à la montée du racisme et de l’antisémitisme, la gravité de la situation mérite autre chose qu’une incitation à un plus grand esprit civique. Le Président de la République n’a pas compris qu’on attend autre chose d’un Chef d’Etat. La passivité des voyageurs du wagon du RER nous donne honte d’être français. Le silence de l’Etat renforce ce sentiment. Compte tenu du niveau de pourrissement de la situation dans de nombreux quartiers, le problème n’est plus d’appeler à une vigilance que fuit la majorité silencieuse mais d’agir. Il ne s’agit plus de ramener les gens à la raison mais de tout faire pour stopper le processus qui risque de nous mener lentement mais surement vers une seconde guerre d’Algérie, plus rampante que la précédente. La première est encore dans les mémoires. Un dixième de la population a quitté l’Algérie en 1962. Un tel transfert laisse des traces traumatiques durables. Cette fois-ci, le rapport de forces est inversé. Les immigrés installés en France depuis longtemps sentent mieux que d’autres cette menace majeure croître à chaque fait divers de cette nature. La lacheté de la majorité silencieuse ne signifie pas qu’elle va se laisser faire. Derrière cette lacheté et ce silence se cache une volonté froide de rejet que n’exprime que très partiellement le vote du Front National. Le danger est là. Même si cette affaire s'avérait tronquée, elle a eu le mérite de mettre le projecteur sur une réalité quotidienne qui touche la société française.
Quand le Président de la République cessera-t-il de parler pour agir, ne serait-ce qu’en faisant appliquer la loi ? Une telle incapacité à prendre en main le destin de la France est un risque majeur. Jacques Chirac a encore 3 ans pour nous prouver qu’il est autre chose que le locataire de l’Elysée.

Des citoyens responsables

0 Comments:

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home