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8.7.04

La guerre cognitive que personne ne veut voir

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La France subit depuis quelque temps une offensive très insidieuse de notre principal allié, les Etats Unis d’Amérique. Cette démarche n’a rien de secret. Elle est visible dans les médias, encore faut-il oser recomposer les morceaux du cheval de Troie. Citons au hasard trois exemples de la presse quotidienne : Metro, 20 minutes et Libération.

Dans Metro daté du lundi 7 juin , la quatrième de couverture est une page entière consacrée à une publicité intitulée : vivez, travaillez, et étudiez aux Etats-Unis, 55 0000 visas Green Card seront attribués par la Loterie nationale américaine en 2004. Dans le 20 minutes correspondant, la une porte sur les agressions antisémites à Epinay avec en exergue du témoignage suivant « Je vais quitter la France pour aller en Amérique, confiait hier Israël. Ici l’antisémitisme se développe. Il y a beaucoup d’agressions et cet événement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. ». Le même jour, dans Libération, paraît un dessin dans la rubrique emploi présentant une péniche de débarquement chargée par des diplômés d’HEC débarquant sur la plage française de Boulot Beach, semée de cadavres de cadres.

Trois clichés, trois éléments convergents vers un point unique : La France est un pays foutu, qui n’offre pas de travail à ses jeunes, où sévit une violence incontrôlée contre laquelle il ne sert plus à rien de lutter.
Il est temps d’étudier ces coïncidences de plus en plus répétitives. Ces trois quotidiens sont désormais dans l’œil du cyclone. Leur complaisance à se laisser balader de la sorte n’est plus supportable. Surtout quand on songe que certains des journalistes qui y écrivent sont d’anciens militants gauchistes, réputés à l’époque pour leur ligne dure anti-impérialiste et anti yankee. Ils sont aujourd’hui les garants d’une légitimité de presse libre et donc insoupçonnable d’une telle manipulation indirecte. Notons au passage que l’analyse du lectorat de ces journaux est très complémentaire et à ce titre mérite attention.
Les opérations d’influence de cette nature restent encore de la science fiction pour notre classe politique. Il est difficile d’admettre pour elle qu’on se livre à des actions aussi démonstratives sur le territoire national. Et pourtant…Combien d’accumulation de coïncidences faudra-t-il pour les convaincre que nous subissons une éventuelle opération de démoralisation ?
Certains experts déclinent la stratégie de political warfare des Etats-Unis à l’égard de certains de ses vassaux de la manière suivante : stratégie d’attraction des meilleures ressources (fuite des cerveaux, délocalisation des sièges sociaux, fuite des capitaux), volonté de transformation des tissus socio-économiques (délocalisation, déréglementation), réécriture des règles internationales (normes anglo-saxonnes via l’OMC, l’OCDE et l’Union Européenne), et occupation du terrain par la production de systèmes de connaissances (standards éducatifs via les universités américaines). Cette méthode fut appliquée jadis à une échelle bien plus modeste pour changer le métabolisme des tribus indiennes afin de les soumettre à l’autorité du pouvoir fédéral de Washington.

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