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8.7.04

Les faux pas d’un « spécialiste »

Infoguerre.com

Guillaume Dasquier a-t-il besoin de se dédouaner à l’égard d’Israël à propos d’une polémique médiatique sur une opération d’espionnage menée sur le continent nord-américain ? Toujours est-il qu’il utilise des méthodes pour le moins glissantes dans une interview accordée le 17 juin dernier sur le site israélien Guysen (http://www.guysen.com/mena.php?sid=862). Après s’être longuement justifié sur la manière dont son site Geopolitique.com avait relaté la présence d’Israéliens à proximité du Parlement canadien, Guillaume Dasquier estime que cette erreur a été commise parce qu’une confusion est née de sa participation à un colloque organisé par l’EGE à l’Unesco le 25 mars 1999.

S’adressant à son interlocuteur israélien, Guillaume Dasquier tient les propos suivants : « L’erreur de vos documentalistes repose sur ma participation à une conférence sur les questions de la guerre économique. Or, cette conférence avait été sponsorisée par l’EGE. Il se trouve qu’à l’époque j’avais écrit un livre sur la guerre économique « Secrètes affaires », paru en France aux éditions Flammarion, et les organisateurs m’avaient invité à m’exprimer lors de cette conférence. Le fait que l’EGE sponsorisait cette conférence a associé mon nom à cette institution, pourtant je tiens à préciser que l’Ecole de guerre économique est un endroit où l’on enseigne la désinformation et l’art de la désinformation. Rien n’est plus éloigné dans ma formation intellectuelle, universitaire, ainsi que dans ma carrière d’éditeur et de journaliste, que les gens et les idées qui circulent dans cette école ».

Dans cette plaidoirie, Dasquier émet deux contre-vérités. La première, que l’on peut considérer comme un acte de diffamation, est son avis donné sur l’Ecole de guerre économique qui serait selon lui une structure où l’on enseigne l’art de la désinformation. La règle de base pratiquée à l’EGE est justement le contraire, c’est-à-dire l’interdiction de ce genre de pratique dans les exercices menés au sein de l’école. Cette règle est clairement précisée aux étudiants en début d’année et elle est appliquée de manière arbitraire. A l’EGE, on enseigne l’art de la rhétorique, ce qui est tout le contraire. La deuxième contre-vérité concerne le colloque. C’est justement au cours de cette période que Guillaume Dasquier devient rédacteur de la lettre confidentielle Le Monde du Renseignement. (cf annonce faîte dans le numéro de LMR datée du 8 avril 1999). Or ce colloque a été soutenu officiellement par cette lettre confidentielle dont Maurice Botbol est le directeur de publication. Un mailing a été envoyé par le biais du fichier d’Indigo publications, maison éditrice de la Lettre du Monde du Renseignement. Le logo de La lettre du Monde du Renseignement figurait sur le dépliant publicitaire édité par l’EGE et des exemplaires de la Lettre du Monde du Renseignement ont été distribués aux participants du colloque. L’intervention de Dasquier était programmée dans le cadre de cette coopération ponctuelle entre l’EGE et La Lettre du Monde du Renseignement.
En agissant ainsi, Guillaume Dasquier se discrédite et soulève plusieurs interrogations. Sur quel fondement s’appuie cette fausse version donnée sur un événement passé, le colloque de l’EGE, qui ne concernait en rien la politique israélienne ? Rappelons que le colloque de l’EGE portait sur la guerre de l’information et non pas sur la guerre économique, comme le prétend Dasquier qui a décidément une mauvaise mémoire. Aucun exemple cité lors de ce colloque n’a concerné de près ou de loin sur les activités des services de renseignement israéliens à travers le monde. En quoi le passage furtif de Dasquier à un colloque de l’EGE peut-il à ce point perturber son image en Israël ? Ce n’est pas la première fois que nous décelons ce genre de manipulation informationnelle de la part d’un homme qui s’affiche comme spécialiste du renseignement économique, devenu après le 11 septembre un spécialiste du terrorisme islamique. L’expertise multicartes ne garantit pas un haut niveau de professionnalisme. Il serait grand temps que les médias en tirent les conclusions qui s’imposent avant de sombrer dans le ridicule.

Christian Harbulot

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