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20.12.05

Europe, Etats-Unis et Asie dans la bataille de la t�l�phonie mobile

Europe, Etats-Unis et Asie dans la bataille de la t�l�phonie mobile

Parmi les priorit�s strat�giques fix�es par Bill Clinton en 1997, la domination des Etats-Unis dans le domaine des t�l�communications est certainement une de celles dont on aura le plus parl�. Toutefois, la pr�dominance de l?industrie et des instances de normalisation am�ricaines dans le d�veloppement et la ma�trise de l?Internet cache un r�el retard sur tout le pan pr�cis mais capital, des t�l�communications mobiles.
Avec plus d?un milliard d?utilisateurs (80% du march� mondial), la t�l�phonie GSM a en effet consacr� le succ�s international d?une norme europ�enne, depuis mondialement diffus�e, qui a port� le d�veloppement �conomique de nombreux industriels europ�ens et, par voie de cons�quence, soutenu la croissance de ces pays.
L?explosion du march� asiatique d?une part, la g�n�ralisation des standards Internet pouss�s par la puissance am�ricaine d?autre part, viennent aujourd?hui remettre en cause les positions acquises.

Les origines du retard am�ricain

Le parti des Etats-Unis de � laisser choisir le march� � a eu pour cons�quence de ralentir le d�veloppement de la t�l�phonie mobile dans ce pays (1). Celle-ci est rest�e longtemps co�teuse, de m�diocre qualit� du fait de l?utilisation de r�seaux analogiques d?ailleurs piratables, et pas toujours accessible du fait de la g�ographie du pays : les vastes �tendues peu peupl�es ne sont pas couvertes (pour des raisons de rentabilit�), le c?ur des villes est au contraire satur�, les tours de bureaux �tant de plus particuli�rement difficiles � couvrir, enfin le march� a longtemps �t� �clat� entre une multitude d?op�rateurs locaux.
Au plan priv�, on est encore loin au Etats-Unis du concept de � t�l�phonie personnelle � : � titre d?illustration, les cabines t�l�phoniques publiques mettent du temps � dispara�tre des rues de Manhattan et de ses stations de m�tro !
En ce qui concerne l?utilisation professionnelle de la t�l�phonie, il faut sans doute prendre en compte le fait que la culture juridique des Etats-Unis favorise la � trace �crite � qui vaut preuve, alors que la partie latine de l?Europe en est encore � une culture tr�s orale des relations d?affaires ; d?o� l?explosion � l?inverse des � pagers � �volu�s du type � BlackBerry �.

Les enjeux du d�veloppement de la t�l�phonie mobile au XXI�me si�cle

Alors que s?engage la bataille du � second milliard �, les positions europ�ennes sont particuli�rement menac�es ; le d�veloppement de la t�l�phonie mobile � de base � ne peut se faire que par une r�duction draconienne des co�ts : les pays qui restent faiblement �quip�s en mobiles sont en effet des pays moyennement ou peu d�velopp�s, � faible pouvoir d?achat, mais o� la demande est criante, ne serait-ce qu?en raison d?infrastructures fixes d�ficientes, voire inexistantes.
L?industrie europ�enne tente de � limiter les d�g�ts � ; d?une par en d�localisant la production et en regroupant les acteurs ; d?autre part en misant sur une �volution du concept de t�l�phonie personnelle au travers du multim�dia mobile et des r�seaux dit � 3G � appuy�s sur la norme UMTS. Une bataille au corps � corps avec l?industrie asiatique engag�e dans le m�me combat.
Pour leur part, les Etats-Unis ont choisi de ne pas s?engager dans cette bataille (2), conscients de ne pouvoir ni lutter sur la t�l�phonie mobile basique, dont les co�ts seront fatalement tir�s vers le bas, ni concurrencer l?avance technologique du Japon ou de la Cor�e du Sud sur le multim�dia mobile.
La strat�gie des Etats-Unis va donc consister � changer le paradigme actuel, en capitalisant sur leurs forces, c?est-�-dire la ma�trise des technologies de l?Internet : il ne s?agira pas de faire �voluer les r�seaux voix mobiles vers le multim�dia mobile, mais de rendre mobile le r�seau Internet tout en lui faisant supporter la voix.

La t�l�phonie sur Internet, axe de d�veloppement strat�gique des Etats-Unis

Utiliser un r�seau Internet pour transporter de la voix ne constitue pas une v�ritable r�volution technologique. Num�ris�e, la voix est une donn�e � presque � comme les autres qui exige en revanche un tr�s bon niveau de qualit� de service (d�bit, taux de perte, taux d?erreur ?) de mani�re � permettre une conversation entre deux interlocuteurs ; en effet, si on peut se permettre qu?un e-mail mette quelques secondes pour atteindre son destinataire du fait de l?encombrement du r�seau, une telle situation n?est pas envisageable pour soutenir une conversation vocale.
Pendant longtemps, la bande passante disponible sur les r�seaux a �t� insuffisante pour une utilisation de ce type ; le d�veloppement de l?ADSL chez les particuliers ou dans les PME, des fibres optiques pour les autres r�seaux, permettent de disposer des ressources suffisantes pour la � t�l�phonie sur IP � (3).
Avec des logiciels comme Skype (rachet� r�cemment par Ebay), tout consommateur peut dor�navant utiliser son ordinateur pour t�l�phoner quasi gratuitement.
Reste le probl�me de la mobilit�.

Op�ration WiFi

Con�ue il y a d�j� une vingtaine d?ann�es, la norme WiFi a �t� initialement pr�vue pour permettre � des ordinateurs de bureau de se connecter sans fil � un r�seau local ; pens�e pour une utilisation en espace clos, plut�t en compl�ment d?une infrastructure existante, c?est une technologie simple et robuste mais qui ignore beaucoup d?aspects importants : s�curit� des �changes, partage de la bande passante, interf�rences entre utilisateurs, consommation �lectrique excessive, itin�rance d?une borne WiFi � l?autre sans perte de connexion?
Mais le WiFi, � la norme 802.11b, c?est aussi un d�bit de 11 Mb/s, quand les r�seaux sans fil inspir�s du GSM ne proposent encore que 40 kb/s (nous sommes au d�but de l?ann�e 2001). De quoi faire r�ver alors que la course au d�bit s?intensifie dans l?ADSL.
Malgr� ces d�fauts, cette technologie va faire l?objet, � partir de la mi-2001, d?une offensive informationnelle sans pr�c�dent, tendant � d�montrer qu?elle est toute indiqu�e pour des r�seaux publics d?acc�s Internet. R�dactionnel dans les revues sp�cialis�es, �vang�lisation des donneurs d?ordre ou des politiques (4), diffusion d?�tudes marketing outrageusement optimistes (5), s�ances de travail sur les business models avec les op�rateurs t�l�phoniques? tous les acteurs am�ricains de la cha�ne de la valeur sont mis � contribution. Pendant des mois, le monde de l?informatique et des t�l�coms ne va plus entendre parler que des hot spots, ces lieux publics o� l?on pourra se connecter en haut d�bit, presque partout et pour presque rien.
On notera au passage que la technologie WiFi est miraculeusement �pargn�e par le d�bat quasi hyst�rique sur la nocivit� des installations GSM et de l?utilisation des t�l�phones portables. De quoi s?interroger sur l?origine de ces rumeurs.
L?offensive atteint son apog�e avec l?entr�e en sc�ne d?Intel. Le fondeur a mis au point l?architecture Centrino, sp�cialement �tudi�e pour faciliter la connexion WiFi et optimiser la consommation �lectrique ; il a convaincu les principaux constructeurs informatiques, lesquels proposent tous Centrino sur leurs nouveaux mod�les ; il d�veloppe avec ceux-ci une communication publicitaire commune type Intel Inside. Bref, une fois encore � les loups chassent en meute �.
Plus fort encore, d�clarant � qu?on ne peut pas vendre de Ferrari quand il n?y a pas d?autoroutes � (6), Intel finance le d�ploiement des premiers op�rateurs publics WiFi : une multitude de petits acteurs voient ainsi le jour (7), une �closion facilit� par le fait que l?acc�s aux fr�quences est gratuit, contrairement � celles de l?UMTS qui fait l?objet de redevances astronomiques.
En amor�ant ainsi la pompe, Intel cr�� l?illusion d?un march� du hot spot public qui, � d�faut de se concr�tiser par la suite, contribue � d�stabiliser celui des technologies europ�ennes en cours de d�ploiement.
D�j� naturellement frileuses dans un contexte �conomique tendu, les entreprises utilisatrices h�sitent en effet � s?engager ; quant aux � grands � op�rateurs, ils doivent un temps reconsid�rer leur strat�gie.

L?affaire fera long feu, le WiFi �tant totalement inadapt�e � la couverture d?espaces ext�rieurs. N�anmoins, en espace clos, il reste un concurrent s�rieux de la t�l�phonie mobile : 40% des appels sont effectivement pass�s � l?int�rieur du domicile. C?est insuffisant pour remplacer le GSM, mais suffisant pour alt�rer son �quilibre �conomique.
Bien que ce march� n?ait d�coll� ni en Europe ni aux Etats-Unis (8), l?industrie am�ricaine revient aujourd?hui � la charge avec de nouvelles solutions miracles (WiMax ou �volutions de la norme WiFi), sens�es r�soudre tous les probl�mes rencontr�s jusqu?� lors.
Mais la plus belle r�ussite des Etats-Unis sera d?avoir r�ussi � convaincre la communaut� scientifique internationale de travailler � l?am�lioration de la norme WiFi (9), la norme europ�enne directement concurrente HiperLAN2 �tant par ailleurs abandonn�e.

Quelle strat�gie de puissance pour l?Union Europ�enne ?

Comme nous l?avons vu, la partie n?est pas encore gagn�e par les diff�rents protagonistes, la question majeure �tant : l?UE a-t-elle compris qu?elle �tait un protagoniste ?
Sur ce point, on ne sera pas surpris que la volont� de puissance europ�enne ne soit pas au rendez-vous : t�moin le rapport commandit� � IPTS par le Joint Research Center de la Commission Europ�enne. Page 52, nous d�couvrons le sc�nario d?�volution dit � constant change �, consid�r� le plus r�aliste (page 60) : le territoire europ�en y est d�crit comme un champ de bataille entre les technologies issues de l?industrie am�ricaine (�volution du WiMax) et celles venues d?Asie (4G). Au passage, le rapport mentionne avec fatalisme le risque de contestation des op�rateurs 3G, porteurs d?investissements lourds non rentabilis�s et de redevances astronomiques non amorties (10) !
Technologiquement pourtant, les recherches se poursuivent dans le sens d?une am�lioration significative des d�bits : disponible d�s 2006, l?�volution HSPDA de l?UMTS permet de disposer de 2 Mb par terminal ce qui est amplement suffisant compte tenu des besoins actuels.
Certes, la partie n?est pas gagn�e pour l?Europe, en affrontement direct avec l?Asie. La concurrence des Etats-Unis est en revanche beaucoup plus fragile d�s lors que l?Union Europ�enne accepte d?assumer son r�le :
- En instituant des redevances �quilibr�es sur les fr�quences WiFi et WiMax au lieu de laisser ces technologies libres de droit, ce qui constitue une concurrence d�loyale
- En bloquant la lib�ration de nouvelles bandes de fr�quences (11) au profit du WiFi ou du WiMax, bandes sur lesquelles ces normes sont techniquement plus comp�titives, mais qui pourraient tout aussi bien �tre r�serv�es � des technologies europ�ennes en devenir (HiperLAN2)
- En ne laissant pas s?installer un d�bat sur la nocivit� des installations sans fil sans veiller � ce que la d�marche soit agnostique vis-�-vis des technologies en cause,
- En mettant en avant les imp�ratifs de s�curit� collective : il est tout de m�me paradoxal, compte tenu des �v�nements du 11 septembre, que les Etats-Unis puissent pousser une technologie qui ne permettent pas la mise en place d?�coutes l�gales (une obligation pour les op�rateurs GSM), sauf � � �couter tout le monde � (cf. Echelon), d�marche en contradiction avec les imp�ratifs de secret de la correspondance priv�e (12).
- Tout aussi contradictoire, le 911 Act (26 octobre 1999) exige qu?� partir d?octobre 2001, les t�l�phones cellulaires transmettent des donn�es de localisation aux services d?urgence, une date r�guli�rement repouss�e � la demande des op�rateurs. En toute logique, l?obligation devrait �tre �tendue aux services de communication bas�s sur le WiFi ou le WiMax, beaucoup bien moins bien positionn�s pour r�pondre � de telles exigences.
A noter que tout brevet dans l?un ou l?autre des deux domaines pr�c�dents accorderait un avantage strat�gique � la puissance qui le d�tiendrait.

Sur le papier, l?Europe est donc tout � fait en mesure de ma�triser les man?uvres am�ricaines pour se concentrer sur sa comp�titivit� face � l?Asie : les comp�tences technologiques existent mais ne sont pas clairement mobilis�es dans une direction unique et conforme aux int�r�ts europ�ens ; les industriels europ�ens sont oblig�s de disperser leurs R&D entre les diff�rentes technologies en concurrence alors qu?il serait plus efficace qu?ils puissent se concentrer � � coup s�r � sur une technologie europ�enne ; quant aux op�rateurs, ils restent dans une attente prudente.
Tous les pupitres sont l�, la partition ne demande qu?� �tre jou�e. Mais il manque un chef d?orchestre.

Jean Michel Pennetier
EGE promo 2006


1. A mi-2001, malgr� un doublement par rapport � 1998, le taux de p�n�tration aux Etats-Unis �tait de 36% alors qu?il d�passait les 63% en Europe de l?Ouest (base 15 pays) et 55% en France
2. Sur leur march� local, les Etats-Unis se contentent d?ailleurs d?�volutions prudentes vers la data mobile (r�seaux dit � 2,5 G �) sans toucher aux technologies plus co�teuses comme l?UMTS.
3. Voir en annexe notre note � Le march� professionnel de la voix sur IP : un exemple d?alliance strat�gique Etats-Unis / Europe �
4. Dans son enthousiasme, un d�put� fran�ais ira m�me jusqu?� d�clarer qu?avec le WiFi (11 Mbits), on n?avait plus besoin d?ADSL (1 Mbit au mieux � l?�poque) ; celui-ci n?avait pas int�gr� � sa r�flexion que les bornes WiFi sont elles-m�mes raccord�es � Internet, le plus souvent en ADSL, le d�bit maximal �tant par cons�quent le d�bit le plus faible de la cha�ne.
5. Certaines �tudes pr�voient alors plus de 10.000 hot spots publics en France en 2005 : il n?y en a pas le quart aujourd?hui.
6. Ce � quoi on pourra r�torquer que Ferrari n?a jamais financ� d?autoroutes, si ce n?est de mani�re tr�s indirecte par les PV pour exc�s de vitesse de ses clients
7. All Telecom, Meteor Networks, Naxos, Visacom, Wifirst ? Une bonne partie de ces op�rateurs se contente d?ailleurs de pr�empter des lieux de chalandise strat�giques dans l?espoir d?�tre rachet�s ult�rieurement au prix fort par les op�rateurs traditionnels ; ils en seront malheureusement pour leurs frais
8. Les op�rateurs mobiles qui disposent aussi d?une infrastructure fixe contribuent � calmer le jeu afin d?�viter la cannibalisation de leur client�le.
A noter �galement que l?industrie am�ricaine va r�cup�rer sa mise de mani�re impr�vue sur le march� priv� (5% des internautes fran�ais �quip�s WiFi � fin 2004), le consommateur �tant s�duit par la praticit� de l?installation WiFi qui permet de connecter plusieurs ordinateurs sur un m�me lien ADSL, de connecter entre eux imprimante, scanner, bref de se constituer un petit r�seau local sans y conna�tre quoique ce soit et sans d�figurer son appartement avec un c�blage anarchique.
9. Voir en annexe la road map normative du WiFi telle qu?on la pr�sentait en 2001
10. ?Guerrilla? markets arise, as an outgrowth from opportunistic investments in parallel technologies to 3G and 2G mobile. New entrants appear, starting with VoIPover WiFi, combined with early unlicensed spectrum for long distance WiFi (...). WiFi networks spead in an ad hoc pattern accross the USA, Asia and into Europe. Wmax pushes in fast behind, to interconnect and finally replace WiFi (...). A complete 4G mobile system (...) appears from Asia (...). 4G grows fast (increasingly so after 2010).
11. Sans trop rentrer dans les d�tails techniques, la norme WiFi 802.11a qui s?appuie sur une bande de fr�quence actuellement r�serv�e en Europe permet de doubler les d�bits par rapport � la norme 802.11b actuellement d�ploy�e ; de plus, le nombre de canaux est beaucoup plus important et permettrait d?envisager de vrais r�seaux cellulaires. Quant au WiMax, les �tudes d?Alcatel ont d�montr� qu?il n?�tait comp�titif vis-�-vis de l?ADSL que dans la bande /// actuellement r�serv�e.
12. Il faut donc se f�liciter de l?initiative du minist�re de l'Education nationale, de l?enseignement sup�rieur et de la recherche d?avoir suivi tr�s rapidement les recommandations de Bernard Vors, Haut Fonctionnaire de D�fense aupr�s du minist�re, charg� entre autres, de la s�curit� des syst�mes d'information aupr�s de cette administration, visant � proscrire l?usage de Skype dans l'enseignement sup�rieur et la recherche


TELEPHONIE FIXE SUR PROTOCOLE INTERNET : UN EXEMPLE DE CONVERGENCE D?INTERET EUROPE / Etats-Unis

La t�l�phonie fixe sur protocole Internet est la nouvelle r�volution de la t�l�phonie fixe en entreprise. Cens�e apporter de nouveaux services aux utilisateurs (globalement, toutes les ressources d?une messagerie type Outlook de Microsoft, mais appliqu�es � la voix), cette technologie faciliterait le travail collaboratif par une int�gration plus pouss�e de l?informatique et de la voix.
Les �tudes annoncent un march� global de 10md$ en 2005, en augmentation de 70$ par rapport � l?ann�e 2004 et, toujours tr�s optimistes, �valuent � 40% le nombre d?installations qui devraient basculer sous IP en 2008, la France �tant dans le peloton de t�te europ�ens aux c�t�s du Royaume Unis et des pays nordiques.

Une conf�rence � l?EBG (Electronic Business Group), en juin 2005, a permis de faire le tour de la r�alit� des usages apr�s retour d?exp�rience des utilisateurs. Participaient � cette conf�rence :
- Philippe van Haecke, DSI d?Auchan, qui a pass� ses 160 sites en VoIP � l?occasion du remplacement de ses autocoms, a d�clar� que le retour sur investissement n?avait rien d?�vident, et que la technologie permettait surtout d?avoir une gestion centralis�e par la DSI de l?ensemble des 32.000 postes t�l�phoniques, � l?identique de la gestion du parc informatique. Interrog� sur les nouveaux services, il a r�pondu qu?on �tait content de pouvoir toujours t�l�phoner !
- Laurent Allard, DG d?Axa Technology Services, prestataire interne d?Axa, a confirm� que le ROI �tait effectivement difficile � d�fendre, malgr� des quantit�s importantes (100.000 collaborateurs dans 14 pays), d?autant que la concurrence joue peu car les diff�rents fournisseurs ne sont pas compatibles entre eux. Il a ajout� que le business model n?�tait pas tr�s clair et qu?on avait du mal � comprendre l?organisation de la cha�ne de la valeur (fournisseurs, int�grateurs, op�rateurs)
- Jean-Louis Fournioux, directeur g�n�ral de l?activit� entreprise d?Alcatel, tr�s int�ress� � l?affaire, a pr�cis� qu?il n?y avait plus � ce jour d?appel d?offres grands comptes sans VoIP et que celle-ci �tait retenue dans 50% des cas. Il a surtout confirm� que le remplacement des autocoms n?�tait plus dor�navant dans les budgets des Services G�n�raux de l?entreprise, mais int�gr�s au sch�ma directeur de la DSI. Confirmant que le ROI sur la seule installation t�l�phonique ne se justifiait pas, il a mis en avant des gisements de productivit� � venir, li�s � l?int�gration t�l�phonie / informatique
- Pour J�r�me Salun, directeur marketing de Completel, l?IP est pour l?op�rateur une facilit� de collecte des appels et, pour le client, l?avantage d?un interlocuteur unique pour la voix et la donn�e.
En r�sumant de mani�re un peu provocatrice, nous pouvons donc dire que les installations restent ch�res et que la non standardisation limite la concurrence : une fois qu?on a d�marr� avec un op�rateur, il n?y a plus de n�gociation possible au fil des diverses extensions. Les utilisateurs peinent � imaginer les � services miraculeux � qui leur permettront de g�n�rer les gains de productivit� sens�s justifier le ROI de l?installation en IP et on est content quand �a marche !
Pourtant, ces clients c�dent apparemment sans trop lutter aux avances de leurs fournisseurs traditionnels (l?am�ricain Avaya, le fran�ais Alcatel et l?allemand Siemens repr�sentent � eux trois la moiti� du march� europ�en). Pour ceux-ci, l?innovation que repr�sente la VoIP est le seul moyen de conserver leurs parts de march� face � l?arriv�e des � low-cost � asiatiques sur le march� des autocoms traditionnels.
C�t� client, la VoIP justifie le regroupement de l'ensemble de la probl�matique de communication et d'information sous une m�me entit�, la DSI, quitte � anticiper sur les b�n�fices � venir.

Ce qui d�montre qu?europ�ens et am�ricains sont aussi capables de faire cause commune contre les asiatiques.

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